| Ecrit par CASABLANCA,
le 11-07-2007 00:02
|
|
La
première tournée présidentielle du chef de l'Etat français Nicolas
Sarkozy dans le Maghreb n'est certes pas passée par le Maroc, une
visite reportée en octobre prochain... Mais le président y a évoqué des
dossiers qui concernent le Royaume. Il a accordé une interview aux quotidiens algériens El Watan et El Khabar dont nous avons extrait les propos relatifs à l'idée d'une Union Méditerranéenne, à "l'immigration choisie" et au dossier du Sahara occidental. Morceaux choisis Nicolas Sarkozy accueilli par le président Abdelaziz Bouteflika à son arrivée à Alger ce mardi (photo AFP). - Vous avez proposé la mise en place d'une "Union Méditerranéenne". Est-il possible de parler d'une coopération avec la rive sud de la Méditerranée alors que l'Europe ressemble à une forteresse?Nicolas Sarkozy - "La Méditerranée est notre deuxième espace de solidarité, après l'Europe, et les deux se recoupent d'ailleurs largement. La prospérité, la stabilité, la sécurité des deux rives de la Méditerranée sont interdépendantes. Notre histoire, notre vie culturelle, nos sociétés, sont mutuellement imprégnées. Notre mer commune est aussi un enjeu écologique majeur. Ensemble, nous pouvons faire mieux pour développer les échanges commerciaux, culturels et humains, prévenir les crises et mieux gérer celles qui existent déjà ou se déclarent. Vous m'interrogez sur l'architecture de ce projet. J'ai bien sûr quelques idées, mais elles sont encore préliminaires, et si j'ai souhaité faire très rapidement une première tournée maghrébine, c'est justement pour consulter nos partenaires de la rive sud, et en priorité ceux qui en constituent pour nous le cœur, dont l'Algérie, par laquelle je commencerai ma visite, et qui est appelée, si elle le veut bien, à jouer un rôle clé dans cette nouvelle initiative. Là aussi, il ne s'agira pas de refaire, ni de défaire, ce qui a déjà été fait, mais de redonner vigueur à ce qui existe, de voir quelles structures seraient les mieux à même d'assurer le pilotage du dispositif et de décider d'ores et déjà de quelques initiatives concrètes".- Selon des sources françaises, près de 350.000 Algériens vivent en situation irrégulière en France. Quelle signification donnez-vous à ce qui est appelé "l'immigration choisie"?Nicolas Sarkozy - "L'équation est très simple : plus nous serons convaincus que les Algériens, Marocains ou Tunisiens auxquels nous accordons un visa rentreront dans leur pays à l'issue de leur séjour et plus facilement seront réadmis ceux entrés sans visa ou en situation irrégulière, plus nous serons généreux dans l'attribution des visas. Lors de la visite que j'ai effectuée en Algérie en novembre dernier en qualité de ministre de l'Intérieur, je m'étais engagé à œuvrer en faveur de la levée de la consultation Schengen, qui alourdissait les délais, et c'est maintenant chose faite. J'avais aussi annoncé la réouverture de notre Consulat général à Oran et celle-ci est prévue pour septembre prochain. Quant à l'immigration choisie, c'est autre chose, puisque, par définition, il ne s'agit pas de circulation, c'est-à-dire de personnes de passage, mais de celles qui sont appelées à rester chez nous un certain temps. Il est normal que, pour celles-là, et comme c'est le droit de tout pays souverain, nous décidions des critères qui vont nous amener à les sélectionner. C'est ce que font par exemple le Canada, les Etats-Unis ou l'Australie. Il faut d'ailleurs bien distinguer cette immigration, destinée à répondre aux besoins de la société et de l'économie françaises, de la situation des Algériens qui séjournent en France pour se former et ont vocation à retourner dans leur pays pour contribuer à son développement à l'issue de leurs études ou de leur période de formation. En effet, il ne s'agit pas pour nous d'alimenter la "fuite des cerveaux", bien au contraire, tout en sachant qu'il appartient au pays d'origine de créer l'environnement professionnel et social qui amènera les cadres ainsi formés à avoir envie d'y retourner".- Quelle est, selon vous, la meilleure solution pour régler définitivement le conflit du Sahara occidental?Nicolas Sarkozy - "Il est en effet grand temps d'y trouver une solution durable, car sa persistance fait de toute évidence obstacle au rapprochement entre les pays du Maghreb qui pourront plus facilement relever les défis auxquels ils font face, qu'il s'agisse des aspirations de leur population ou de la lutte contre le terrorisme. La résolution 1754, adoptée à l'unanimité par le Conseil de Sécurité le 30 avril dernier, a représenté une avancée. La première session des négociations directes sous l'égide des Nations Unies, qu'elle a prescrites, s'est déroulée près de New York les 18 et 19 juin et nous l'avons saluée. Un nouveau rendez-vous a été pris. J'espère très sincèrement que ces discussions vont aboutir à une solution raisonnable, acceptable par chacune des parties, et je suis certain que tous les pays de la région qui ont une influence sur ce dossier, dont l'Algérie, auront à cœur d'y contribuer".
(www.lepetitjournal.com - Casablanca) mercredi 11 juillet 2007
|