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Dix ans après la crise financière asiatique, l’économie thaïlandaise semble mieux se porter. La semaine dernière la bourse et le baht ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 1997. L’apaisement des tensions politiques n’y est pas étranger, mais d’aucuns voient avant tout dans cette embellie la révélation d’une économie en forme Les chiffres montrent que les exportations ont grimpé de 18% entre janvier et mai 2007 malgré un baht fort (Photo Jean-Louis Duzert)La bourse des valeurs de Thaïlande a clôturé vendredi à 832.38 points, soit 7.15 % en plus en une semaine. De son côté, le baht s’est échangé à 34 pour un dollar après avoir flirté avec les 33.97 et 31.5 pour un dollar sur les marchés étrangers. Ces gains provenaient en grande partie des investisseurs étrangers, qui ont placé leur argent dans le royaume après la publication des chiffres de la Banque de Thaïlande montrant que les exportations avaient grimpé de 18 % entre janvier et mai 2007. Au cours du premier semestre 2007, les investisseurs étrangers ont injecté 101 milliards de bahts (2.97 milliards de dollars) alors qu’ils n’en avaient versé que 155 milliards pour toute l’année 2006. "La confiance s’est ressentie par la hausse des investissements boursiers qui se sont répartis dans toute la région, explique le directeur d’ING Fund, Maris Tarab. Je ne pense pas que ce soit une tendance à court terme, mais plutôt pour le reste de l’année." Selon l’expert financier, les investisseurs se sont montrés plus sereins tandis que les manifestations anti-juntes (pro-Thaksin), dont on craignait le pire il y a encore quelques semaines, se sont essoufflées. Le fait que l’assemblée constituante ait validé vendredi le projet de Constitution a également contribué à détendre les esprits - même s’il n’est pas encore certain que les Thaïlandais l’acceptent le 19 août, lors du référendum, et que la junte et le gouvernement peinent encore à s’accorder sur la date des élections. Bonnes perspectives pour l'investissement étranger et le tourisme En tous les cas, ce regain d’optimisme ne se ressent pas seulement à travers la bourse. L’investissement étranger annonce une forte hausse avec des candidatures en augmentation de 40% par rapport à l’année dernière qui, il faut avouer, fut particulièrement médiocre. La fréquentation touristique attend elle aussi une croissance record sur un fond de remise à niveau post-tsunami. Le Kasikorn Research Centre prévoit néanmoins une hausse de 5% des arrivées avec un afflux de vacanciers occidentaux et du Moyen-Orient qui devrait compenser la déperdition de touristes asiatiques. Après avoir annoncé une croissance de l’économie en dessous de 4% pour l’année en cours, les institutions privées revoient donc maintenant leurs prévisions à la hausse et estiment que la croissance pourrait atteindre au moins 4,5%. Un taux qui resterait néanmoins toujours parmi les plus bas de la région. "L’économie thaïlandaise, dont les indices boursiers et la monnaie prouvent qu’elle est en forme, avait été sous-évaluée jusqu’à présent. Nous assistons tout simplement à une remise à niveau de sa valeur" nous a confié Yoni Pawlowicki, Directeur Financier de Five Star Immobilier . (www.lepetitjournal.com - Bangkok avec AFP ) mardi 10 juillet 2007 Le moral des Thaïlandais et de leurs banquiers toujours en berne L’optimisme des investisseurs étrangers ne semble pas totalement se retrouver à l’intérieur du pays, où la confiance des consommateurs thaïlandais est à son niveau le plus bas depuis 5 ans. Les ventes de voitures aux particuliers ont chuté de plus de 14% au cours des cinq premiers mois de cette année, et les ventes dans le secteur de la propriété immobilière de résidence, dont le marché représente 200 milliards de bahts (5,8 milliards de dollars), ont chuté de 10 milliards de bahts entre janvier et avril 2007. Une chute qui marque le premier déclin depuis 2000 selon la Thaï Condominium Association. "Néanmoins, nous explique Yoni Pawlowicki, la baisse des ventes de voitures ou encore de biens immobiliers non-performants, reflète davantage la crainte, depuis la crise de 1997, des banques thaïlandaises vis-à-vis des prêts non-performants, que la frilosité des Thaïlandais à consommer." |