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Le Premier ministre François Fillon s’est rendu jeudi à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande. La visite, qui devait baliser le terrain du prochain sommet franco-allemand de juillet, marque les premiers pas discrets de François Fillon sur la scène européenne 
François Fillon: "Dans les relations franco-allemandes, Nicolas Sarkozy et moi-même serons totalement interchangeables". (Photo. C. B.) François Fillon a fait jeudi son entrée, discrète, dans la diplomatie franco-allemande : depuis les élections présidentielles, Nicolas Sarkozy avait en effet quelque peu éclipsé les autres membres de son gouvernement, en rendant visite à Angela Merkel le lendemain de sa prise de fonctions. De fait, la rencontre entre le Premier ministre et la chancelière avait comme un air de routine, plutôt que d’un sommet autour d’enjeux politiques cruciaux. EADS en question Le sujet franco-allemand brûlant du moment, la restructuration d’EADS, a été abordé, mais les deux chefs de gouvernement se sont refusés à laisser filtrer le moindre désaccord : "La restructuration d’EADS est en cours, et elle est approuvée par la France et l’Allemagne", a déclaré le Premier Ministre, avant qu'Angela Merkel ne surenchérisse: "EADS ne peut se maintenir à niveau qu’à condition d’avoir des structures efficaces. Une restructuration ne sera pas évitée, sur le long terme". La recommandation du Sénat français, rendue publique mardi, de faire rentrer l’Etat allemand au capital d’EADS, a pourtant été balayée par la chancelière : "Je suis à l’écoute de la voix de l’entreprise, plus que de celle de quelque chambre politique que ce soit". Le moment des décisions est donc repoussé à juillet, dans le cadre d’un sommet franco-allemand au siège toulousain d’EADS. Quelle place pour le Premier ministre dans les relations franco-allemandes ? Si la rencontre Merkel-Fillon n’a pas été une avancée majeure sur les questions politiques, ce fut surtout l’occasion pour le Premier ministre de s’afficher en serviteur fidèle de son Président. S’il reconnaît que la charge des relations franco-allemandes est souvent dévolue au Premier ministre, François Fillon ne cache pas la volonté présidentielle de maîtriser le dossier : "Dans les rapports franco-allemands, Nicolas Sarkozy et moi-même serons totalement interchangeables". Raphaël Cottin. (www.lepetitjournal.com - Berlin) vendredi 29 juin 2007 |