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Pour celles et ceux restés dans l’Etat de São Paulo, le lundi 9 juillet était férié. L’occasion de faire un retour sur l’événement historique que São Paulo commémorait à cette date : la Révolution Constitutionaliste de 1932
Revenons quelques décennies en arrière. La crise de 1929 a partiellement ruiné le pays en raison de la chute vertigineuse des prix du café. Les grands propriétaires terriens, essentiellement basés dans l’Etat de Sao Paulo, ont perdu leur pouvoir et ont entrainé le discrédit du gouvernement qui leur était alors acquis, au sein de la "République du Café". Dans la confusion de ces années noires, un coup d’état éclate le 3 octobre 1930 et le Président Washington Luis est destitué, remplacé par Getulio Vargas (portrait ci-contre), gouverneur populiste de l’Etat du Rio Grande do Sul, qui instaure un gouvernement provisoire. Mais le nouveau Président a des manières de dictateur : il défait le Congrès et l’Assemblée, tarde à instaurer une nouvelle Constitution. Un mouvement contestataire armé se développe alors dans l’Etat de São Paulo, réclamant la fin du gouvernement provisoire, des élections et l’élaboration d’une nouvelle Constitution. A sa tête, des élites et d’anciens oligarques du café, s’associant à plusieurs groupes révolutionnaires pour former le Front Unique (a Frente Unica) et lutter ensemble pour la démocratie. Plusieurs grèves ont lieu dans les premiers mois de 1932, entrainant des affrontements entre manifestants et Armée Fédérale. Le 23 Mai, autre date symbolique, 4 étudiants sont tués dans le centre de São Paulo : Martins, Miragaia, Dráuzio e Camargo, dont les initiales donneront leur nom au MMDC, groupuscule qui jouera un rôle important dans la Révolution.
Des affrontements entre civils et militaires Le 9 juillet 1932 éclate le plus grand conflit militaire brésilien du XXe siècle. Des troupes constituées de nombreux volontaires civils et de quelques soldats, commandés par des généraux et colonels réfractaires, s’opposent à l’armée et revendiquent leur autonomie. São Paulo fait sécession contre l’Etat Fédéral ! Durant quatre mois de combat, les Paulistes attendent l’aide de leurs voisins du Minas, Rio Grande do Sul et Matto Grosso… en vain ! Les forces du gouvernement utilisent l’aviation pour bombarder toute la région, et envoient des navires de guerre pour encercler les révolutionnaires. La révolte est matée et prend fin le 2 octobre 1932. Le nombre de victimes est officiellement de 830 morts, chiffre largement contesté par les historiens. En mai 1933, le Président Vargas organise l’élection d’une Assemblée et en juillet 1934, le Brésil adopte la 3e Constitution. La Révolution est terminée. Ce mouvement constitutionaliste, encore appelée Révolution Autonomiste ou Révolution Pauliste fut une véritable guerre civile. Si elle ne s’est déroulée que dans l’Etat de São Paulo, elle marqua en réalité tout le pays, et 1932 est restée une date symbolique pour les Brésiliens : celle de la confrontation entre démocratie et autoritarisme. Mathilde DEMULIER. (www.lepetitjournal.com - Sao Paulo) lundi 30 juillet 2007
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