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CINE : Mon meilleur ami - Leconte et les copains d’abord |
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vendredi 29 juin 2007 |
Il est des réalisateurs, comme Patrice Leconte, dont les films sont attendus avec une presque-tendresse. Un cinéaste qui peut aussi bien lorgner vers la poésie sophistiquée (La fille sur le Pont) que vers le grotesque franchouillard (Les Bronzés 3). Avec Mon meilleur ami, il trouve le juste dosage et offre une comédie douce-amère aux accents poétiques
Mon meilleur ami (© Wild Bunch)
Au cœur du film, un pari fou et cher entre un marchand d’art, François (Daniel Auteuil), qui accorde plus d’intérêt aux objets qu’aux gens, et son associée (Julie Gayet) : François a dix jours pour lui présenter son meilleur ami. Celui qui prétend avoir "des tas d’amis" se retrouve face à l’hypocrisie du monde et à la sienne propre, seul et démuni. Il rencontre alors Bruno (Dany Boon) un chauffeur de taxi, et se lie avec lui. Rien de très original dans le film de Patrice Leconte. Un tandem improbable, le double jeu d'un méchant qui profite du gentil, puis une amitié qui naît de ces deux solitudes. On a déjà vu cela…Là où Leconte réussit, c’est dans le juste dosage entre la comédie et le sérieux, et dans la touche de poésie qui émane de cette histoire. C’est du bon Leconte, justement interprété, justement mis en scène et en musique. L’histoire se déroule sagement, sans grande surprise mais elle fait mouche.
Quelque chose du clown Elle fait d’abord mouche grâce à son casting sans faute et à une direction d’acteurs impeccable. Daniel Auteuil n’a plus rien à prouver, Dany Boon apporte une note candide et Julie Gayet la douceur forte et la justesse dont elle a le secret. Il y a quelque chose de clownesque dans ce duo d’hommes. Le marchand d’art, beau et mélancolique, le chauffeur de taxi, maladroit et naïf…Le clown blanc et l’Auguste. La musique aérienne de Xavier Demerliac, dans la lignée d’un Yann Tiersen vient porter le jeu de ces personnages tout en délicatesse. Une certaine élégance parisienne imprègne l’ensemble sans écorcher la modestie de l’histoire et la profondeur du propos. L’amitié est un grand sujet, qui méritait un grand conteur. Saluons enfin le grand moment de cinéma que Leconte nous offre avec la séquence de Qui veut gagner des millions ? avec un Jean-Pierre Foucault plus triomphant que jamais. Laurence Danthony (www.lepetitjournal.com - Madrid) vendredi 29 juin 2007 |