| Ecrit par Soreasmey,
le 26-06-2007 01:00
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'Malgré l’aide internationale et la présence massive d´ONG le développement socio-économique du pays est encore très lent. La pauvreté, toujours présente, fait encore de nombreuses victimes, et malheureusement les enfants sont les premiers touchés. Innocents, faibles et vulnérables, des milliers d’enfants vivent dans la rue livrés à eux-mêmes. Une enfance sacrifiée (photo: Anne Brogi)
Selon une étude réalisée en 2005-2006 par le Ministère des Affaires Sociales et les ONG Friends, Hagar et Krousar Thmey, il y aurait entre 8000 et 10000 enfants des rues à Phnom Penh, la plupart entre 5 et 17 ans. Outre la capitale, les zones géographiques les plus affectées sont Siem Reap, ainsi que les régions frontalières, Poipet par exemple. Les facteurs qui poussent ces enfants à la rue sont multiples et complexes. Dans un pays ou presque la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, nombreux sont les enfants qui arrivent dans les rues des grandes villes ou les lieux touristiques pour tenter de gagner plus d’argent. Autre facteur, la situation familiale, la mort d'un ou des deux parents, les divorces, les remariages ou les abandons poussent les enfants à quitter leur foyer. Les abus physiques et sexuels constituent aussi un important moteur quand l’on sait que beaucoup d´adultes continuent de trouver normal de frapper les mineurs pour les discipliner. Et la police, de fait, n’intervient que rarement. Pédophilie, Drogue, Violence – Se retrouvant à la rue, sans toit ni ressources, les enfants sont soumis à de multiples sources de dangers. Certaines plus évidentes que d’autres: le manque d’hygiène, de nourriture, les problèmes de santé. D’autres sont plus sournoises. Les enfants des rues peuvent être exposés aux sollicitations des pédophiles, cambodgiens ou étrangers. Le problème de la drogue n’est pas nouveau mais il prend de l’ampleur. Le faible coût, environ 50 cents, d’un tube de colle ou d’un comprimé de Yaaba Yaama, autour de 1 dollar, facilite l’accoutumance des consommateurs. Le milieu de la rue est également le terrain des bandes, leurs chefs surnommés les « Bang Thoms » (« grand frère » en khmer) jouent un rôle protecteur, mais entraînent aussi les enfants dans des activités claniques et souvent criminelles. Parfois l’exploitation est moins choquante socialement, mais reste réelle, sous la coupe d’adultes peu scrupuleux, les enfants se retrouvent vendeurs de roses ou cireurs de chaussures, et ils ne gardent le plus souvent qu’une infime part de leurs gains. Malgré le développement économique du Royaume et de ses élites, la situation des enfants des rues demeure difficile et n’en est que plus intolérable. C’est ce message qu’entendent faire passer les ONG, locales ou internationales, qui continent leurs missions d’accueil et d’éducation auprès d’eux. Car ils sont la grande richesse du Cambodge et en incarnent l´avenir. Anne Broggi (www.lepetitjournal.com Cambodge) mardi 26 juin 2007
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