10ème édition de la Fête de la musique en Grèce, du 21 au 23 juin. Cette année, 23 villes et de nombreux groupes participeront aux festivités. Georges Perot, franco-grec et initiateur de ce projet, nous raconte son aventure
Georges Perot, la Fête de la musique à Athènes, c'est lui ! (Photo LPJ)
LPJ : Comment vous est venue l’idée d’organiser la fête de la musique en Grèce ?
George Perot : J’ai la double nationalité, je suis né et j’ai grandi à Paris. A 15 ans, j’ai quitté la France pour venir habiter en Grèce. En 1998, j’ai rencontré le coordinateur de la Fête de la musique à Paris, Jean François Millet, qui m’a proposé de lancer le projet en Grèce. J’ai tout de suite accepté, pensant que ce serait assez facile… En septembre 1998, j’ai créé une association avec quelques amis et il nous a fallu presque cinq ans pour véritablement nous implanter à Athènes. Maintenant, et depuis environ 4 ans, nous sommes reconnus dans tout le pays. Avec la France et la Belgique, la Grèce est devenu un des pays qui produit le plus de concerts en simultané pour le 21 juin.
LPJ : Etes vous musicien ? Quel est votre rapport à la musique ?
George Perot : Je suis issu d’une famille de musiciens grecs, j’ai fait beaucoup de violoncelle, j’ai été producteur à la radio et tout cela s’est mélangé. Grâce à la fête de la musique, je suis entré dans l’événementiel et la communication musicale. Ce qui est assez drôle c’est que j’ai fait des études d’histoire et de relations diplomatiques, rien à voir…
LPJ : Les débuts ont été difficiles? Racontez-nous.
George Perot : J’ai commencé tout seul. Puis petit à petit, des amis sont venus m’aider, bénévolement. Il a fallu huit mois pour tout mettre en place. Maintenant nous sommes quatre à travailler toute l’année, puis sept pendant six mois. Graduellement, avant le jour J, nous passons de 7 à 270 personnes et ce, rien qu'à Athènes ! Et il y a encore 23 autres villes.
LPJ : La fête de la musique est-elle entrée dans les mœurs en Grèce ?
George Perot : Cela commence mais ce n’est pas encore comme en France. Là-bas, cela existe depuis 1982 et c’est organisé par le ministère de la Culture. En Grèce, c’est exactement l’inverse, tout est parti d’une initiative personnelle, sans moyen. Cela a été difficile de convaincre l’Etat grec et les entreprises de collaborer à la naissance de ce projet. En effet, c’est aussi une question de budget. Ici, le ministère de la
Culture grec est assez absent parce que très instable. Les ministres restent un ou deux ans et quand un nouveau arrive, il faut tout reprendre à zéro.
Aujourd’hui, des bars se lancent aussi indépendamment dans l’aventure, et sur les agendas des Grecs, la date du 21 juin est réservée à la fête de la musique !
LPJ : C’est aussi une fête européenne ?
George Perot : C’est une initiative française, mais très vite les coordinateurs français se sont dits que cela ne devait pas rester uniquement français. Petit à petit, une sorte de réseau entre passionnés s’est développé. Il reste de grosses inégalités entre les pays mais l’idée fait son chemin, si bien que la fête se mondialise. Cela part toujours d’une initiative privée mais de plus en plus de grosses villes commencent à la célébrer comme New York, Tokyo ou Mexico. L’augmentation annuelle est d’au moins 15 à 20 villes à travers le monde. Athènes est l’un des plus gros centre de ce réseau avec Paris et Bruxelles.
Propos recueillis par Steven Dolbeau (www.lepetitjournal.com/athenes.html) lundi 22 juin 2009
FREEMAN (I AM), Hip Hop, le 22/06, Place Klafthmonos à 23h
SKIP THE USE, Rock, le 22/06, Place Kotzia à 23h
BIRDY NAM NAM, Electro, le 23/06, Place Kotzia à 23h30
Entrée gratuite
Programme complet sur www.musicday.gr (en grec et en anglais)