| Ecrit par Sara Fredaigue,
le 22-06-2007 00:00
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2007, l’année de célébration du Traité de Rome. 2007, année du bilan et de réflexion sur l’Europe en marche. Sandro Gozi, auteur du livre "Non, ce n’est pas de la faute à Bruxelles", revient sur les interrogations soulevées par nos politiques en France ou en Italie Pourquoi avoir écrit ce livre et pourquoi en français ? Ce livre intervient à un moment clef : la célébration des 50 ans du traité de Rome. C’est le moment de la relance. Après le deuil de 2005 suite au non franco-hollandais, la sieste de 2006 et les élections françaises, toutes les conditions sont réunies pour relancer le processus d’intégration. En 2005, la France s’est mise à l’écart. Il me semblait important d’expliquer, notamment aux français, l’importance de relancer l’intégration européenne afin de susciter un débat pendant les élections présidentielles. J’ai également un rapport personnel avec la France puisque j’y ai vécu 5 ans et que j’y garde, encore aujourd’hui, des liens forts.
Selon vous, comment peut-on expliquer le "non" français au référendum en 2005 ? J’y vois 5 raisons principales. En général, lors d’un référendum on répond plus à qui pose la question qu’à la question posée. Or, en 2005, l’impopularité du gouvernement et du Président de la République a joué en défaveur du "oui" des français au traité. Les Français ont par ailleurs une forte réticence au changement. Or l’Europe est vue comme un facteur de transformation. Le "non" à l’Europe était un "non" aux réformes. L’Europe est ensuite perçue comme une complice de l’effet négatif de la mondialisation. C’est pour beaucoup de français le "cheval de Troie" de la globalisation. L’erreur a été également de ne pas supprimer la partie III du traité et de soumettre ainsi un texte lourd, incompréhensible pour pas mal de gens. Enfin, la Turquie, l’insatisfaction de ceux qui ne veulent pas d’une Europe supranationale et l’instrumentalisation de l’Europe par une partie de la classe politique ont fini de parachever la décision négative des français. Les Français viennent d’élire Nicolas Sarkozy comme nouveau président de la Vème république. Pensez-vous que Nicolas Sarkozy dans la ligne d’Angela Merkel et de Romano Prodi, peut participer à la renaissance d’un leadership européen ? Nicolas Sarkozy a profondément changé son discours le soir de sa victoire électorale. Avant les élections, ses prises de position se basaient essentiellement sur la protection des intérêts nationaux, notamment la protection de l’industrie française. Il avait également émis de vives critiques par rapport à la banque centrale européenne. Le soir de sa victoire, son discours s’est fait rassurant vis-à-vis de ses partenaires européens. Il a rappelé la nécessité de relancer l’Europe, a parlé de l’union méditerranéenne, à laquelle le gouvernement italien est très attaché, et a mentionné une vision claire des relations avec les Etats-Unis : nous devrons agir sur un pied d’égalité au niveau européen. De ce fait, Nicolas Sarkozy semble se positionner sur une position proche du gaullisme traditionnel.
Que pensez-vous de l’Europe des 27 ? Je suis favorable à une Europe élargie. Je souhaite une Europe au sens politique de densité variable avec un degré d’intégration d’intensité différencié. Je ne suis pas pour le moratoire de 10 ans qui risque d’inverser l’évolution en cours dans les Balkans. La construction européenne peut assurer une stabilisation dans cette région. L’élargissement va permettre une stabilité politique avec l’expansion de la paix. Il va permettre également l’agrandissement du marché unique offrant aux entreprises européennes de nouveaux territoires à conquérir. De plus, en s’élargissant l’Europe va pouvoir atteindre une taille pour devenir un acteur international, qui puisse donner la réplique, à pieds d’égalité, avec des colosses comme la Chine, l’Inde ou les Etats-Unis. En nous élargissant, ce sont nos valeurs, nos préférences collective et nos standards que nous exportons. Cet élargissement ne peut néanmoins se faire sans une réforme qui permette de prendre des décisions à la majorité et non plus à l’unanimité, sans le dépassement du droit de veto, sans introduire plus de démocratie, de transparence et d’efficacité dans le système institutionnel. Sara Fredaigue (www.lepetitjournal.com - Rome) Vendredi 22 juin 2007
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