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Victime de son succès au XVIème siècle, l’arbre symbolique du Brésil a bien failli disparaître. Toujours menacé d’extinction, il est désormais protégé par la loi.
En floraison - Photo du Jardin Botanique de São Paulo
La légende raconte que les colons portugais, lorsqu’ils découvrirent le pays en 1500, tombèrent sur des Indiens criant «Brasil !» tout en tournant autour d’un arbre. Ils en conclurent qu’il s’agissait du nom de la plante. Erreur. En réalité, «Brasil» était le nom d’un esprit de la forêt, que les Indiens évoquaient et adoraient. Le véritable nom originel de l’arbre est ibira pitanga, qui signifie bois rouge en langue tupi guarani. Cette erreur d’interprétation des colons portugais ne les empêchèrent pas d’exploiter l’arbre, après l’avoir rebaptisé Pau-Brasil. Alors présent en grand nombre sur la côte, principalement de Natal à Rio de Janeiro, le Pau-Brasil et son exploitation devinrent la toute première activité économique de la nouvelle colonie. A telle point qu’elle hérita du nom de cette nouvelle manne. Sa résine, de couleur rouge, était employée par l’industrie textile européenne, comme alternative de meilleure qualité aux colorants à base de terre, utilisés jusqu’alors. Son bois était utilisé dans la menuiserie et l’ébénisterie, si bien que la demande explosa, donnant lieu à une véritable chasse au Pau-Brasil dans la Mata Atlântica, cette forêt primaire qui longe la côte brésilienne. En échange d’outils, les populations indiennes assuraient l’abattage, mais elles se lassèrent rapidement de travailler pour presque rien. De plus, les forêts les plus accessibles furent vite déboisées. Enfin, l’intérêt des Français pour le Pau-Brasil entraîna des conflits dont la couronne portugaise se serait bien passé. Pour toutes ces raisons, l’exploitation de la plante entama un déclin rapide et inexorable. 
Dans toute ses feuilles - Photo du Jardin Botanique de São Paulo
Les violonistes en raffolent On continua toutefois, et ce jusqu’à aujourd’hui, à abattre le Pau-Brasil pour son bois, considéré comme le meilleur du monde pour la confection des archers de violons. Le désintérêt progressif sauva sans doute l’espèce de l’extinction, mais la survie du Pau-Brasil reste menacée. Désormais officiellement protégé, il est devenu un symbole national. L’arbre, qui peut atteindre une trentaine de mètres de hauteur, produit des petites graines, de couleur rouge-marron. Des graines d’ailleurs bien connues des amatrices de bijoux naturels. A noter que l’arbre a donné son nom au mouvement Pau-Brasil, une des principales tendances esthétiques du Modernisme brésilien, dont le cycle a débuté avec la publication du Manifesto Pau-Brasil d’Oswald de Andrade. Ce mouvement proposait une réflexion critique de la réalité nationale, et se répercuta dans la peinture de Tarsila do Amaral et la poésie de Raul Bopp, entre autres. Bertrand BLAIS (www.lepetitjournal.com) 18 juin 2007
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