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Un jeune homme s’endort dans un coin de la scène, une fois plongé en plein sommeil, les acteurs, ceux qui sont dans son rêve apparaissent. C’est ainsi que commence la performance théâtrale dirigée par Sherif el Morsi dans le cadre du Festival de Danse pour le Théâtre à l’Opéra du Caire. Réveiller les esprits Sherif El Morsi a débuté dans la Danse et le Théâtre en 2002 et a enchaîné depuis les expériences, notamment avec le danseur professionnel Mohamed Shafik en 2005. Sherif, artiste provocateur, impose des questions aux spectateurs sans donner de bribes de réponses, c’est aux gens de se réveiller dit-il, de sortir de leur ignorance en matière d’Art et de Culture. Cette attitude lui vaut autant de désapprobation que de remerciement.
"Short Feature Dream" Le 9 juin, il présentait au Small Hall de l’Opéra, une performance basée sur un rêve. Un rêve, déstructuré par essence, dans lequel se croisent plusieurs histoires, plusieurs personnages, plusieurs cultures. Il y a un couple égyptien qui incarne l’amour impossible, et ce couple américano-égyptien qui s’entredéchire dans l’incompréhension. Également, des personnages isolés, tel un écrivain, une petite fille jouant à la poupée, et des danseurs, des musiciens, la chanteuse Rania, un Français qui nous livre un court texte sur les raisons pour lesquelles il aime l’Egypte... Tous interagissent ensemble, se juxtaposent. La subtilité des déplacements au centre de la scène, la musique permanente, les chants, et la lumière dirigée au feeling au gré de ce qui se passe sur scène, créent l’unicité du rêve. L’Art de la Performance La particularité d’une performance artistique est de laisser une grande place à l’improvisation. Ainsi, Sherif, bien qu’il ait eu une idée précise en tête, ne l’a pas dévoilée entièrement aux acteurs.Il les a rencontrés, observer dans l'improvisation, puis a tiré le meilleur d’eux-mêmes, sur la base d’une confiance mutuelle. Ce spectacle sans budget s’est, par conséquent, préparé bénévolement, et très peu de temps avant le Festival. Cette contrainte pratique est aussi l’occasion de relever le défi de l’urgence. Dans l’urgence, on ne peut pas tout théoriser, alors on y va au feeling. C’est étrange de voir à quel point cette stratégie sans stratagème, de la mise en scène, peut développer le naturel et l’émotion bien plus profondément qu’un spectacle parfaitement orchestré.
Un rôle inattendu Ludivine Perrin, une jeune femme française au Caire depuis trois mois, qui évolue dans le milieu théâtral en France depuis dix ans, s’est laissée convaincre de participer à la performance dans le rôle de la petite fille en rouge qui joue avec des poupées et vient perturber par ses rires, ses petits cris, et ses déplacements incessants sur scène, les autres personnages. Malgré les différences d’école, de culture, et de langage, elle a relevé le défi . Rien de tout cela n’a été un obstacle pour elle, c’est le feeling et la confiance qui ont servi de guides. "L’ambiance était chaleureuse, donc mon intégration au groupe fut facile. J’ai travaillé avec plaisir, sans savoir vraiment dans quel but, mais j’avais confiance", confie t-elle. De plus, "Grâce à la simplicité de la mise en scène, chacun a pu garder sa personnalité, c’était Vrai , on n’a pas joué à faire !"
Marie GIROD, www.lepetitjournal.com - Le Caire, 18 juin 2007
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