| Ecrit par Cécile Boutelet,
le 18-06-2007 00:00
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La société française Foncière Euris est l'une des deux entreprises à l’origine du futur grand centre commercial Alexa, sur Alexanderplatz. Ce projet d'ampleur marque un renouveau de la place mythique de Berlin Est. C’est aussi un pari sur la zone. Pierre Féraud, PDG de Foncière Euris, explique au petitjournal.com pourquoi il croit en l’avenir de Berlin 
Pierre Féraud, PDG de Foncière Euris, a cru en Berlin au moment où l'Allemagne était en crise. (Photo. Alexa) Comment avez-vous imaginé vous installer ici à Berlin il y a 3 ans, alors que l’économie allemande était au plus bas ? Pierre Féraud. On a pris notre décision en mai 2004. La décision de s’installer à Berlin, c’était d’abord celle de s’implanter en Allemagne. L’Allemagne en 2004 n’allait pas très bien mais on percevait des signes positifs de croissance. Les réformes économiques structurelles avaient été faites, on se disait : l’Allemagne ne peut pas continuer à ne pas aller bien. Et c’est ce qui s’est produit, l’économie allemande a beaucoup progressé en trois ans au point de devenir une des plus fortes d’Europe. La ville de Berlin a profité à la fois de cette progression économique et de son statut de capitale. Mais en même temps on percevait en 2004 des éléments propres à Berlin qui sont pas du tout ceux de Paris: Berlin ville de la mode, ville de la pub, ville des tendances nouvelles. Il y a un autre élément sur lequel on était très sensible, puisqu’on travaille beaucoup en Pologne. Berlin est sur la route de la Pologne et on voyait l’expansion de l’Europe centrale. Berlin est un belvédère de l’Europe centrale, elle profite aussi du développement de la région. Pour toutes ces raisons, on s’est dit Berlin, même si c’est une ville plutôt pauvre, même si c’est une ville qui a 18% de chômage, c’est une ville qui est très intéressante et qui doit progresser. L’aspect particulier de l’Alexanderplatz, avec les transports en commun, le métro, le S-Bahn, la gare, les grandes artères en font un emplacement exceptionnel, s’il y a un bon emplacement à Berlin, c’est Alexanderplatz. Etes-vous confiant sur la rentabilité du centre ? P. F. : On sait que le pouvoir d’achat est inférieur, on savait que les loyers ici ne pouvaient pas être du niveau de Tauentzienstraße. Mais ce qui nous importe c’est d’avoir une rentabilité convenable même si ce n’est pas une très grosse rentabilité par rapport à notre coût de revient. Et on se disait, en construisant quelque chose ici, comme on aura la chalandise sous-jacente, on aura une bonne commercialisation. C’est ce qui s’est passé. Le futur centre commercial Alexa (Image. Alexa)
Avez-vous rencontré des difficultés dans la réalisation de ce projet ? P. F. : Oui, on a subi d’abord le scepticisme des futurs locataires par rapport à notre crédibilité. Les gens se demandaient si on avait les moyens de construire quelque chose comme ça. Et puis il y a eu des problèmes techniques qui sont résolus aujourd’hui, des problèmes de pollution, des problèmes d’eau qui ont considérablement freiné le chantier pendant six mois. Tout ça créait du doute parmi les partenaires pressentis. Dans le monde économique berlinois, ça ricanait un peu. Mais on a continué quand même, on savait bien qu’on avait les moyens de continuer, on ne pouvait pas faire autrement, voilà où nous en sommes aujourd’hui. Comment voyez-vous Berlin dans dix ans ? P. F. : Encore mieux qu’aujourd’hui. Moins de chômage, plus de pouvoir d’achat. Mais la ville gardera les même tendances, la même créativité. Berlin restera toujours la ville avant-gardiste d’Allemagne. Vous venez régulièrement à Berlin depuis 3 ans, quels sont les endroits qui vous plaisent particulièrement ? P. F. : J’aime beaucoup les bords de la Spree et aussi Unter den Linden tel qu’il est devenu. Je suis très heureux que le Palais de la République soit démoli, qu’on y reconstruise l’ancien Palais parce qu’à ce moment-là Unter den Linden aura une homogénéité parfaite et je trouve que c’est une avenue magnifique, de jour comme de nuit, j’adore m’y promener. Et les alentours de la Gare centrale, je trouve que c’est très réussi. Propos recueillis par Cécile Boutelet ( www.lepetitjournal.com) lundi 18 juin 2007/berlin.html Le futur centre commercial Alexa, sur Alexanderplatz, offrira à l'automne un espace de chalandise de 56.200 m². Le projet a été développé et cofinancé par les sociétés Sonae Sierra (Portugal) et Foncière Euris (France) pour un investissement total de 290 millions d'euros. Il ouvrira ses portes le 12 septembre 2007.
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