| Ecrit par MADRID,
le 15-06-2007 00:00
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Comment fonctionnent les flux touristiques entre France, Espagne, et Portugal ? Quelles sont les habitudes de consommation? Rafael Moreno, actuel Directeur commercial en Espagne de Pestana et Pousadas de Portugal a travaillé 15 ans en France dans le secteur touristique et 10 ans aux Paradores en Espagne. Il revient sur son expérience et donne quelques éclaircissements sur ce triangle touristique
Rafael Moreno, actuel directeur commercial de Pestana et Pousadas de Portugal
Pouvez-vous nous présenter votre parcours ? J’ai vécu 15 ans en France, dans les Hautes-Pyrénées. J’ai d’abord eu ma propre agence de voyages réceptive à Saint Lary-Soulan. Puis à Lourdes, j’ai travaillé comme Directeur Commercial pour les Hotels Alba et Méditerranée…Ensuite je suis revenu du côté sud des Pyrénées pour un poste de Area Sales Manager aux Paradores de Turismo de España. J’y suis resté dix ans et depuis janvier 2004 j’occupe le poste de Directeur Comercial à Pousadas de Portugal. Les Pousadas ont été crées en 1942, 13 ans après les Paradores et s’inscrivent dans le même esprit et philosophie. Au départ, l’objectif était de créer des pôles d’attraction économiques dans des lieux où il n’y avait pas d’offre touristique. Comme pour les Paradores, l’Etat était le principal actionnaire des Pousadas, jusqu’à un changement en 2003. Un contrat a alors été signé pour 20 ans, cédant 100% de la gestion des Pousadas au groupe hôtelier Pestana ainsi que 49% des parts de sa société étatique ENATUR. Comment fonctionnent les flux touristiques du triangle France-Espagne-Portugal ? Prenons ces trois pays l’un après l’autre. Tout d’abord la France : elle reçoit principalement les Anglais, et part en vacances en Espagne. Les Français sont des grands consommateurs de tourisme "authentique". Ils représentent le deuxième marché étranger pour les Paradores. Les Espagnols, eux, vont avant tout en vacances en France (1ère destination) quand ils partent à l’étranger. Mais ce sont aussi les premiers clients du Portugal, avec 2,5 millions de nuités hôtelières en 2006. Enfin, les Portugais partent beaucoup en Espagne (1ère destination) et reçoivent énormément d’Espagnols (1ère clientèle étrangère pour Pousadas depuis janvier 2004). Les trois pays jouent donc le jeu du tourisme ensemble. Proportionnellement au nombre d’habitants, c’est l’Espagne qui accueille le plus de touristes étrangers avec 56 millions de visiteurs, (bientôt 60 avec l’effet America’s Cup) pour 45 millions d’habitants. Les Pousadas ont-elles le même développement que les Paradores ? Il y en a moins, en nombre. Mais c’est relatif. Il y a entre 90 et 95 Paradores en Espagne et 43 Pousadas au Portugal. Mais lorsque l’on compare la superficie de chaque pays, il y a plus de Pousadas au kilomètre carré.
En 2005, le groupe Pestana notait que le Portugal était encore méconnu de la clientèle espagnole. Qu’en est-il aujourd’hui ? La situation a évolué bien sûr. Tous les acteurs du secteur, y travaillent d’avantage depuis ces dernières années. Mais tout n’est pas acquis, et l’effort énorme de communication qui a été fait doit continuer. Il faut une politique d’état qui mise sur le tourisme, destiné à devenir la première source de devises du pays. Aujourd’hui le Portugal occupe la 19e place des destinations touristiques dans le monde mais il a toutes les possibilités pour entrer dans le top 10. Il faut qu’il continue de s’ouvrir, notamment au marché espagnol. Il y a également un aspect psychologique notable : les Espagnols, pour leurs vacances, veulent sortir et "monter" vers la France, qui a toujours eu une bonne image. Alors que pour le Portugal, qui a mis plus de temps à se développer, ils se disent "on ira plus tard". Il faut dire que la France a une situation privilégiée, au centre de l’Europe. C’est un "jardin fleuri". Il y a "tout" en France. En France on assiste depuis 3 ans au développement d’un autre tourisme : courts séjours, retour à l’authenticité, originalité, tourisme solidaire… A quoi ressemble la demande aujourd’hui en Espagne ? Le marché espagnol a évolué et fait partie des marchés matures. On observe les mêmes tendances qu’en France. En 2006, c’est le tourisme rural qui a connu la plus forte progression. Maintenant, il appartient aux professionnels du secteur de trouver de nouvelles formes de tourisme, de se renouveler. Dans les prochaines années, que peut-on attendre des habitudes de consommation des vacanciers? Une plus grande place sera donnée au temps libre. Les gens choisiront des destinations plus proches, à une ou trois heures d’avion maximum. Ils souhaiteront diminuer le temps de transport. Ensuite, il y a la sécurité : des destinations sûres, dont le Portugal fait d’ailleurs partie. Enfin, le troisième point sera le choix d’un tourisme actif : les professionnels devront proposer plus de services, plus de possibilités d’activités. Propos recueillis par Laurence Danthony (www.lepetitjournal.com - Madrid) lundi 11 juin 2007 Groupe Pestana : http://www.pestana.com Pousadas de Portugal : http://www.pousadas.pt/ Paradores de Espana : http://www.parador.es/
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