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Le nombre de votants à l’étranger a doublé par rapport à 2002. C’est encourageant mais insatisfaisant au regard de ce qu’on pourrait obtenir avec le vote électronique : le seul moyen de remédier à la distance géographique, estime le sénateur Robert del Picchia (groupe UMP) - Un dossier sur les enseignements de la Présidentielle en partenariat avec www.expatries.senat.fr 3/3
Comment expliquez-vous le relativement faible taux de participation des Français de l'étranger aux deux scrutins de l'élection présidentielle malgré les moyens déployés par le quai d'Orsay ? Le taux de participation n'est pas conforme à la réalité de la participation dans la mesure où le nombre des inscrits est surestimé de l'ordre de 10 % à cause de la fusion des listes électorales intervenue en 2005. Les consulats n'ont pas toujours eu le temps de vérifier les listes pour tenir compte des départs ou pour gérer les retours de lettres. Le chiffre significatif en revanche, c'est le nombre de votants (346 000) qui a été multiplié par plus de deux par rapport au scrutin de 2002 (170 500). Pour l'avenir, il faudra prendre le temps de toiletter les listes électorales et éviter de donner les résultats en pourcentage.La faiblesse du taux de participation à l'étranger résulte aussi des distances et de l'éloignement des bureaux de vote, même si le ministère des affaires étrangères en a multiplié le nombre. Il n'existe pas beaucoup de solutions aujourd'hui. Entre les risques de fraude et les services postaux inexistants (Sénégal) ou déficients (Italie), je doute que les sénateurs représentant les Français établis hors de France arrivent à convaincre leurs collègues députés de rétablir le vote par correspondance pour l'élection présidentielle. En revanche, la solution en faveur de laquelle je plaide depuis longtemps, c'est le vote par correspondance électronique, c'est-à-dire Internet. On n'y coupera pas ! C'est le seul moyen de remédier à la distance géographique. Enfin, la distribution de l'information électorale à l'étranger est parfois trop lente. Et c'est normal lorsqu'il s'agit d'envoyer 12 professions de foi à 38 millions d'électeurs dont près d'un million à l'étranger... Il y a aussi des candidats qui ne font pas imprimer leurs documents en nombre suffisant...
Est-ce qu'on ne peut pas faire l'économie de ces envois à l'heure d'Internet et de l'information mondialisée ? On aura toujours besoin de ces envois papier parce qu'on ne peut pas obliger les gens à utiliser Internet.
Vous êtes pour le vote électronique par Internet et contre la dématérialisation de la propagande électorale... N'est-ce pas contradictoire ? Non ! Le vote par Internet restera toujours un moyen complémentaire du vote papier. Il en est de même de la propagande électorale.
Dans quels pays avez-vous constaté que les gens étaient insuffisamment informés? A Madagascar par exemple, les gens se sont plaints de ne rien avoir reçu. En Autriche, j'ai reçu les documents trois semaines après les élections. Et seuls 9 des 12 candidats avaient envoyé leur profession de foi.
Ne faudra-t-il pas en passer un jour par d'autres supports ? Oui certainement. Le support Internet sera une alternative lorsque tout le monde recevra Internet. Dans l'Union européenne, il faudra aussi penser à communiquer dans les médias locaux puisque c'est autorisé.
Le Sénateur Louis Duvernois souhaite déposer une proposition de loi pour permettre le vote par correspondance avec mise à disposition d'enveloppes pré-affranchies. Signerez-vous sa proposition de loi ? (voir notre article du 12 juin) Je ne sais pas, on verra comment elle sera rédigée et si on peut l'améliorer. Je crains une proposition très coûteuse et qui ignore les problèmes de fonctionnement de la poste dans beaucoup de pays, à commencer par l'Italie. Par ailleurs, les risques de fraude sont très élevés. Prenons l'exemple de Pondichéry : entre les personnes chargées d'aller chercher les enveloppes au consulat, d'aider les électeurs qui ne savent pas lire à remplir les enveloppes et de collecter les enveloppes pour la communauté française du coin, les sources de fraude sont variées comme l'a déjà pointé un rapport du Conseil d'Etat. Propos recueillis par www.expatries.senat.fr (www.lepetitjournal.com) - mardi 26 juin 2007 Retrouvez l’article complet : http://www.expatries.senat.fr/interviews/questions_del_picchia2.html