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Ilf Eddine Bencheikh dirige depuis maintenant 3 ans l'antenne cambodgienne de l'Agence Universitaire de la Francophonie. Les entreprises françaises, le Forum des carrières... Troisième et dernière partie de notre entretien avec le jeune responsable de l'AUF Cambodge. Ilf Eddine Bencheikh, un observateur avisé de la scène cambodgienne (photo: LPJ)
LPJ- Les entreprises françaises, et francophones, sont très présentes au Cambodge mais toutefois la plupart ne font pas du français une condition à l'embauche, comment le ressentez vous? IIf Eddine BenCheikh- Ca ne me gêne pas. C’est vrai qu’on entend souvent le discours "il faut convaincre les entreprises francophones d’utiliser le français" - ça me semble complètement illusoire. Les entreprises n’ont pas un mandat de défense de la francophonie, elles ont un objectif de communication interne et externe optimale pour réaliser au mieux leur activité productive… Si cette communication optimale passe par le khmer ou l’anglais, ça les regarde. Je voudrais juste faire deux remarques. Premièrement, il existe quelques employeurs qui recherchent spécifiquement des francophones – il ne faut pas tomber dans l’excès inverse, fréquent également, de l’auto-flagellation francophone qui voit un tout-anglais partout. Et ensuite, les diplômés des filières francophones trouvent très facilement du travail, y compris au sein d’entreprises francophones qui ne font pourtant pas du français un critère de sélection. Pourquoi ? Parce que le français garantit la qualité de leur formation et une certaine ouverture d’esprit. Dans tout métier, la priorité est d’abord d’être compétent, c’est ça qui compte pour un employeur. LPJ- Avez vous d’autres projets en tête, certains sont peut être en cours de concrétisation? I.E.B.- L’un de nos projets les plus importants actuellement est notre participation au projet de "Valorisation du français en Asie du Sud-Est" (Valofrase) qui rassemble huit partenaires institutionnels sur trois pays. Pour l’AUF, c’est l’occasion de plus retravailler avec les Départements et sections universitaires de français, qui n’avaient peut-être pas reçu de notre part toute l’attention nécessaire ces dernières années, alors qu’ils constituent bien sûr le socle de toute coopération universitaire francophone dans une région de francophonie non native comme celle-ci. C’est un travail de formation et d’accompagnement des enseignants-chercheurs qui est très intéressant. LPJ- La CCFC vient d’organiser la 3e édition du Forum des Carrières, en tant que membre de la chambre que pensez vous de l’événement? Comment voyez vous son évolution? I.E.B.- C’est une réussite indéniable qui attire chaque année plus de visiteurs. La CCFC a remarquablement répondu à un besoin et occupé un créneau porteur. L’introduction cette année d’un "espace carrières" accueillant et orientant les étudiants a rajouté une facette intéressante à ce Forum.
LPJ- A titre personnel, que faites vous de vos journées et soirées en dehors de vos activités AUF? I.E.B.- Voyages, lecture, sport, amis, jeux… j’ai vraiment de quoi m’occuper et trop peu de temps pour me consacrer à tout ce que j’aime ! LPJ- Nous vous savons grand amateur de football, suivez vous le football cambodgien? I.E.B.- Très honnêtement, pas beaucoup. J’ai vu un match amical de la sélection au Stade olympique, plus quelques rencontres à la télévision au moment des SEA Games ou de la Tiger Cup. Mais ça ne fait pas de moi un observateur très avisé ! |