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CINEMA – Pas rose la vie Version imprimable Suggérer par mail
mercredi 13 juin 2007

Elle commençait mal, sa vie. Mal fini aussi… Pourtant, épreuve après épreuve, chagrin après chagrin, Edith Piaf est devenue celle que l’on connaît, que l’on croyait connaître. Puisant dans ses blessures pour devenir l’une des plus grandes chanteuses du siècle dernier, Piaf a fait de sa vie une chanson. Admirablement reprise par Marion Cotillard

Pas facile de faire un film sur une personnalité comme celle d’Edith Piaf. Pas facile de rendre au mythe sa part de vie. Et quelle vie. Abandonnée par une mère aux rêves d’actrice, laissée par son père contorsionniste dans le bordel de sa grand-mère, sillonnant les routes ensuite à la quête d’une pièce pour survivre, Edith n’est encore qu’une môme, une vraie. A jamais blessée.

Belleville et la vie parisienne – Débarquant à Paris, Edith et sa grande amie Momone chantent dans la rue. C’est encore de la chansonnette mais la voix ne trompe pas. Tout s’enchaîne, un agent, un professeur exigeant et de l’argent qui rentre enfin, pour son père. Pour la drogue aussi, pour oublier cette vie, ces flashs qui la poursuivent et qui pourtant seront la source de ses chansons. Car il est bien là le défi de ce film : de ne pas remuer le passé de Piaf pour n’en sortir que des horreurs, pour ne révéler qu’une personnalité tyrannique mais bien pour expliquer l’inspiration, montrer comment chaque chanson appartenait à une époque de sa vie. Chaque nouvelle chanson était un rayon de lumière dans une vie si noire. Le bonheur ne s’achète pas, mais chanter permet d’y croire. Ou d’oublier.

Une autre môme hors du commun – De même que l’on ne s’attaque pas au mythe Piaf sans une certaine prudence, tenir son rôle n’est pas plus aisé. Force d’un immense travail, notamment pour les play back, Marion Cotillard s’est littéralement fondue dans le personnage et fait souvent douter le spectateur sur qui chante vraiment. Elle sait rendre à son caractère toute la violence des sentiments qu’a pu éprouver Piaf face à l’amour, la maladie, la douleur et, face à son public. Ce public à qui elle donnait son énergie, le peu qu’il lui restait. On applaudit.
Céline Leoni (
www.lepetitjournal.com – Dublin) mercredi 13 juin 2007

A partir du 22 juin au IFI, Temple Bar, Dublin

 
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