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L’été à Berlin sera français ou ne sera pas. À partir d'aujourd'hui et jusqu'au 7 octobre, la neue Nationalgalerie
expose 150 des plus grands tableaux impressionnistes français du XIXe
siècle. L'occasion d’honorer un mouvement qui inaugura l'art moderne 
Edouard Manet, En bateau, 1874 © Metropolitan Museum of Art New York Depuis quelques semaines, Berlin placarde sur tous les murs : "Die schönsten Franzosen kommen aus New York". Dans une ville où vivent plusieurs milliers de Français, le slogan tient de la bravade. Mais lorsqu’il s’agit d’art, les plus audacieux sont rois. Pendant quatre mois, la neue Nationalgalerie de Berlin accueille en exclusivité européenne Ingres, Corot, Courbet, Puvis de Chavannes, Manet, Degas, Pissarro, Monet, Cézanne, Gauguin, Bonnard et Matisse ainsi que des sculptures de Rodin, Degas et Maillol. Quatre mois qui permettront au Metropolitan Museum de New York de rénover la demeure de ces maîtres. A l’automne, tous ces beaux Français traverseront l’Atlantique dans l’autre sens, survolant Paris sans y jeter un œil. A peine une pensée pour l’autre grande collection impressionniste, celle du musée d’Orsay. 
Claude Monet, Le bassins des nymphéas, 1899 © Metropolitan Museum of Art New York Les "Rejetés" de Paris finissent à New York Si les plus beaux Français viennent de New York, ce n’est pas faute d’avoir essayé Paris. Au XIXe siècle, la création picturale française est dominée par l’Académie Royale de peinture et de sculpture qui impose ses codes et ses canons. Sujets historiques ou religieux, technique du dessin moins que de la couleur, idéal de l’art antique, ces normes balisent toute la production picturale française depuis Louis XIV. Le "bon goût" français érigé en Bible. Lorsque une poignée de jeunes peintres parisiens tente de bousculer les façons de faire, c’est le scandale. On se moque des paysages, des scènes de la vie quotidienne, des jeux de lumière, des couleurs vives qui semblent criardes, voire vulgaires. Renoir, Monet, Bazille, Sisley ou Cézanne, les "Refusés" se rapprochent alors et créent le mouvement "impressionniste", récupérant le quolibet pour tenter de définir les lignes d’un genre pictural nouveau. Malgré leurs efforts, la violence des critiques ne faiblit pas, et le groupe se sépare. La consécration viendra des anglo-saxons : le marchand d’art Durand-Ruel fait exposer les œuvres à New York ou à Londres. Des Français aussi à l’île des musées A New York, la première exposition impressionniste a lieu le 17 février 1913. Si les premières critiques sont sévères, les impressionnistes trouvent finalement leur public et révolutionnent la scène artistique américaine, et l’art pictural en général. Que nos lecteurs se rassurent : il y a aussi de très beaux Français à Berlin… Ils sont (entre autres) à la Alte Nationalgalerie. Egalement exposés tout l’été, les impressionnistes français du musée accompagnent les œuvres d’artistes allemands également inspirés par le mouvement. Découragés par l’interminable file d’attente devant la neue Nationalgalerie ? les amoureux des Français pourront se reporter sur l’île aux musées, à condition de se lever tôt. Mais l’avenir appartient aux précurseurs. Cécile Boutelet. (www.lepetitjournal.com - Berlin) vendredi 1er juin 2007 Neue Nationalgalerie. Potsdamer Straße 50 Heures d’ouverture : Mardi-Mercredi 10h-18h Jeudi 10h –22h Vendredi – Dimanche : 10h –20h Prix: Du mardi au vendredi 10 Euro / 5 Euro Samedi et dimanche 12 Euro / 6 Euro Il est possible de réserver ses billets online à l’adresse suivante www.metinberlin.org, les tickets permettent d’entrer dans la galerie sans faire la queue du mardi au vendredi de 8h à 8h30 Alte Nationalgalerie Bodestraße 1-3 Heures d'ouverture: mardi - mercredi 10h-18h Jeudi 10h - 22h Vendredi - dimanche: 10h - 18h |