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CINÉMA - Chacun son Festival |
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mardi 29 mai 2007 |
4 Mois, 3
Semaines et 2 Jours, j'espère avoir digéré mes émotions en moins que
cela. Ma sélection personnelle de films est certes moins importante que
la Sélection Officielle au bout du tapis rouge, mais pas moins
représentative de l'ensemble de ce millésime.
 Elle m'aura marqué plus qu'un simple Roman de Gare. Entre la renaissance d'un Claude Lelouch en « off » et l'Age des Ténèbres en clôture « sans fin », je ne suis pas resté sur ma faim. Si Denys Arcand a proposé un film non achevé pour terminer le Festival, Tout est pardonné d'avance lorsque Fatih Akin me rappelle De l'autre Côté que l'aboutissement d'une œuvre n'est pas forcément la fin de son histoire. Avec 14 films visionnés en 10 jours sur les… disons 150 projetés dans les différentes sections, je suis bien en possession d'un bon échantillon du Festival, les papotages dans les files d'attente restent cependant un bon baromètre pour se faire une idée de son intégralité. A condition, bien sûr, de se fier à son propre jugement.
Mystères et ... hystérie Avec ses traditionnelles « Star Parades » sur les marches du Palais, le Festival de Cannes garde sa part de mystère, ou appelons cela plutôt « hystérie ». Bon nombre des spectateurs ne rêvent que d'une chose, de monter les marches, d'exposer leur « tenue de soirée » aux flashs des photographes, d'apercevoir une des étoiles vivantes et d'être placés à deux rangs, voire à deux sièges d'une célebrité. Peu importe ce qui se passe sur l'écran dans la salle obscure, le festival commence dès que les lumières éclairent la Jet-set et que les fêtes V.I.P. insonorisent la baie de Cannes. J'avoue ne pas rester insensible à la présence de mes cinéastes ou acteurs préférés dans la même salle, et je trouve formidable de voir monter sur scène l'équipe du film que je viens de voir. Ainsi j'ai pu rencontrer de tout près Juliette Binoche, Costa Gavras, Catherine Deneuve, Quentin Tarantino, Martin Scorcese, Claude Lelouch, Fanny Ardent et j'en passe... Mais l'essentiel que j'en retiens, ce sont les émotions que les plus talentueux parmi eux peuvent susciter en moi à travers leurs films, le regard sur le monde d'aujourd'hui qu'ils nous offrent et qu'ils savent inventer pour nous. C'est aussi le bruit de fond de « tout ce cinéma » qui remplit mon inconscient lorsque je déambule les rues cannoises après une projection, les palmiers éclairés, la foule, la brise venant de la mer…
2007 était pour moi un très bon Cru. La surprise de voir la bande à Bono performer en haut des marches du Palais prouve bien qu'avec ses 60 ans le Festival est toujours No Country for Old Men. Le spectacle de Cannes ne se limite pas pour autant à L'Homme de Londres, inaccessible pour le commun des cinéphiles mortels, ni à La France, plutôt statique. Il a bien su doser ses Cartouches Gauloises pour conserver la part du California Dreamin'. Pendant Le Voyage du Ballon Rouge de Persepolis à Mang Shan j'ai dû prendre le Train de Nuit, pas en grève celui-là, parce que pendant la journée je travaille. Mais une chose est sûre : quelqu'un qui me dit "la palme dort!" n'a rien compris au cinéma. Andreas SCHWEITZER. (www.lepetitjournal.com - Monaco) mardi 29 mai 2007 Dessin: Patrick CHATELAIN. |