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CORRUPTION – L'opération 'rasoir' coupe les têtes |
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mardi 29 mai 2007 |
Le système de corruption autour des chantiers publics, mis à jour par "l’Opération Rasoir" de la PF, inquiète le microcosme politique brésilien. Le Président du Sénat s’est défendu d’accusations récemment publiées dans Veja
Photo: José Cruz/ABr
Le président du Sénat, Renan Calheiros (PMDB – Alagoas), est monté à la tribune, lundi après-midi (photo), pour se défendre des accusations publiées dans le dernier numéro de l’hebdomadaire Veja. Le sénateur y est accusé de recevoir, chaque mois, 16.500R$ de Claúdio Gontijo, un influent salarié d’une entreprise de BTP, la Mendes Júnior. Les deux hommes se disent simplement amis, et invoquent le respect de la vie privée, d’autant que la somme en question sert, toujours selon Veja, à payer la pension de la fille illégitime de Calheiros (12.000R$) et le loyer d’un appartement à Brasília (4.500R$). Ce lundi, c’est donc un président du Sénat "humilié" qui s’est présenté face à ses pairs, d’abord pour demander pardon à "toute (sa) famille" à cause des problèmes liés à son enfant hors mariage, puis pour contester les révélations de l’hebdomadaire le plus vendu du Brésil. Présentant plusieurs documents à l’auditoire, il a martelé qu’il s’acquittait lui-même de ses dépenses personnelles. Comment en est-on arrivé là, et pourquoi le président du Sénat s’est-il rabaissé à un tel déballage de sa vie privée ? L’entreprise Mendes Júnior, soupçonnée de verser 16.500R$ par mois à Calheiros, soit plus que son salaire de parlementaire (12.700R$ bruts), construit des aéroports, des métros, des lignes à haute tension et des autoroutes. Soit des ouvrages publics, ou financés par de l’argent public…
Le sénat assiste au discours de Renan Calheiros le 28 mai. Photo: José Cruz/ABr
Corruption complète  Cette affaire est à rapprocher de la bruyante Operação Navalha (opération rasoir) menée par la Police Fédérale. Là encore, une entreprise de construction est au cœur du cyclone. La Gautama et son patron, Zuleido Veras, déjà interpellé, sont à la base d’un vaste système de détournement d’argent public qui a déjà coûté son poste au ministre des Mines et Energie, Silas Rondeau, démissionnaire la semaine dernière. Silas Rondeau est soupçonné d’avoir reçu un pot-de-vin de 100.000R$ des mains de Fátima Palmeira, la directrice de Gautama. La PF a réalisé de nombreuses écoutes téléphoniques qui ont permis de prendre la mesure de l’étendue des ramifications de l’entreprise Gautama. Ses connexions criminelles atteignent quatre ministères différents, six états du Nordeste, quatre gouverneurs ou ex-gouverneurs, ainsi que deux maires et un député. Veja publie des extraits des écoutes téléphoniques qui permettent de constater que le système de corruption était complet : la Gautama achetait des politiques (qui présentent des amendements au Budget gouvernemental pour les chantiers), corrompait des fonctionnaires publics (qui décident de la libération des sommes pour les chantiers), et exerçait une influence auprès du TCU (le Tribunal des Comptes de l’Union, qui contrôle la régularité des chantiers réalisés avec l’argent public). Bertrand BLAIS (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mardi 29 mai 2007 |