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SOCIETE - Les fous du volant |
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lundi 04 juin 2007 |
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Vous ouvrez ce qui était une porte en ayant peur de vous faire faucher. Les klaxons et les chauffeurs qui hurlent alors même que vous êtes dans la hâte. Combien de fois vous entendrez-vous dire «mais ils sont fous ces taxis !». S’ensuit alors le démarrage à la « Starsky et Hutch » qui vous réveille brutalement. Vous cherchez la ceinture de sécurité, et bien non, peine perdue parce que le chauffeur l’a tout simplement enlevée, option inutile ou accessoire négligeable. Pas de doute, la notion du danger varie considérablement entre les cultures En Europe, nous apprenons à respecter la vitesse, les distances de sécurité, à utiliser les clignotants et la ceinture de sécurité, à regarder dans les rétroviseurs. Et bien ici, oubliez tout… Si vous tenez à la vie et si l’envie vous prenait de conduire voilà ce qu’un ami égyptien vous expliquerait malgré votre air sceptique. «Regardes toujours devant toi. Si tu commences à regarder sur les bas côtés, dans tes rétros, tu perds du temps ». Surprenant non ? Tout se passe devant ou du moins tout s’arrête à la voiture de devant. Les files ? ça n’existe pas. Au moindre ralentissement se crée spontanément des files supplémentaires. Là où on voyait 2 voitures, on en voit 3 ou plus. On pourrait croire que tous les conducteurs sont ivres au rythme de leurs changements de file inopinés. Mais, notre destin n’est pas entre nos mains «Inch’Allah !». 
Le bruit ? C'est le moteur... ça prouve qu'il marche... Passons au klaxon. Ce qui est un délit en France devient un rituel ici. On dit bonjour à un autre taxi, on prévient les piétons, on fait comprendre à la voiture de devant d’accélérer, et, finalement on prévient d’un danger. Un coup de klaxon et on vire à droite ou à gauche sans prévenir et sans clignotant. On voit un client sur le bas-côté, on klaxonne et on pique à droite en freinant des 4 fers. Derrière, klaxons de colère, carambolages et hurlements se mêlent aux chants religieux que presque tous les chauffeurs de taxis écoutent à fond parfois en boucle. Les taxis sont des lieux de vie pour leur chauffeurs. Ils y passent souvent plus de 12 heures d’affilée. Ils y mangent, ils y dorment et ils y continuent aussi leur vie sociale, une main sur le volant et l’autre le téléphone portable, sourire aux lèvres et décor intérieur des plus loufoques…. Habillés à l’occidentale ou pieds nus en gallabeya, les chauffeurs de taxis ressemblent à leurs voitures, une « élégance » sans âge dehors et très jeune dedans. Flavie Sarantini, www.lepetitjournal.com, 31 mai 2007 |