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PORTRAIT - Sebastián Sepulveda aime beaucoup le cinéma et peu Paris Suggérer par mail
lundi 28 mai 2007
Sebastian Sepulveda, monteur, scénariste et réalisateur de films, documentaire et fiction vit à Paris, depuis qu’il y a fait un stage à la prestigieuse FEMIS, en 2003. De passage dans son pays d’origine pour y faire les repérages de son prochain film, il nous a fait part de son attachement, tout professionnel, à la France

Pour la qualité de vie, il préfère l’Amazonie, mais sa passion du cinéma le rive à la France. A 34 ans, Sebastián Sepulveda, exilé en France avec ses parents, y est resté jusqu’à l’âge de 4 ans mais c’est le Venezuela où il a vécu jusqu’à 11 ans qui l’a profondément marqué, malgré les déménagements successifs de la famille : de nouveau la France, puis l’Argentine, l’Espagne, Cuba et  enfin retour au Chili.
Aujourd’hui, après avoir hésité, un peu, avec  l’Amazonie brésilienne (où il a tourné un long documentaire), il est installé à Paris. Pour ce « Caribéen », comme il se définit  malgré sa double nationalité : chileno-espagnole, Paris, c’est un peu un vaste frigo où  "les gens communiquent entre eux en râlant ". Même le Chili, il commence à peine à l’aimer. Et même de plus en plus, au point  de situer  son premier long-métrage dans le Nord. L’écriture du scénario justifie donc sa présence de quelques semaines à Santiago.
« J’ai toujours aimé le cinéma, avec une prédilection pour le fantastique, Fritz Lang et compagnie. J’ai réalisé mon premier court-métrage, il y a 10 ans, c’était un conte de Noël un peu obscur qui se passait  à Viña del mar et qui a été primé en 1999 à Boston. Mais j’ai ressenti le besoin de me pencher sur la construction narrative. Je suis donc parti apprendre le montage, à Cuba à la "Escuela internacional de cine" où j’avais tourné en 2000 un documentaire sur les combats de coq.  Mais après le montage, je trouvais que pour raconter une histoire, il fallait travailler sur le scénario."
Raconter une histoire
 En 2003, j’ai donc tenté la FEMIS à Paris, qui propose une année d’écriture de scénario en formation continue pour les gens de plus de 27 ans, qui ont des projets en cours. J’ai toujours suivi ma scolarité dans des lycées français, donc je connais bien le système académique « à la française ». J’ai retrouvé lors de l’entretien, la dureté des questions, les profs qui essaient de te « casser ». J’arrivais directement du Brésil où j’avais passé des mois dans la forêt amazonienne avec une communauté noire visitée par des esprits, le changement  a été rude ! Cela dit quel  luxe de passer un an à écrire et à réfléchir sur : "Qu’est ce que c’est que raconter une histoire ? Quelle est l’éthique ?". Paris m’a même donné l’idée d’un court-métrage que je démarre en novembre prochain : un film satirique sur les Parisiens 
!

Depuis la FEMIS et malgré la "qualité de vie  zéro"  de Paris, il est resté dans la capitale :  "il y a là-bas une véritable industrie du film. Je n’étais pas sorti de la FEMIS que l’on me proposait déjà des boulots",  raconte t-il. À Paris, il  vit du montage  et, reconnaît-il, du système des intermittents du spectacle (régime de chômage spécial  pour compenser les jours sans emploi,  à condition de travailler dans le spectacle un minimum de jours dans l'année) qui lui laisse le temps de travailler sur ses propres projets.
Ainsi il vient de monter un film franco-argentin, La León primé à Berlin, qui sortira sur les grands écrans  français en juin prochain. Mais un film en noir et blanc, il se doute que l’on ne le verra pas de sitôt à Santiago. On attendra donc sa fable fantastique située dans le Nord du Chili pour voir le nom de Sebastián Sepulveda en grand, au générique.

Sophie Rouchon (www.lepetitjournal.com Santiago) lundi 28 mai 2007

 
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