Etisalat, compagnie des Emirats, lance le 3ème réseau de téléphonie mobile en Egypte, éveille la concurrence et met le feu au marché. Bénéficiaire d’une licence de 15 ans, comme ses compétiteurs, d’une valeur de 16,7 milliards LE (environ 2,9 milliards US $), ce 3ème opérateur veut attirer une partie de la clientèle de ses concurrents, grâce aux mêmes services et ceux de "troisième génération"
En 2003, l'Egypte est devenue un des premier pays du monde à compter davantage d'abonnés à la téléphonie mobile qu'au téléphone fixe. Avec 20 millions d'abonnés, soit 25.5% de la population, Etisalat pense que le marché est encore prometteur.
La Rue Abdel Aziz, est un témoignage de la fièvre du pays. Les magasins d'électro-ménager sont devenus vendeurs de mobiles. Leurs enseignes sont des publicités géantes aux couleurs très vives qui vantent les lignes des trois compagnies. Une foule énorme, toute la journée, suit les dernières modifications de prix et de matériels et fait jouer la concurrence. A l’approche d'une de ces boutiques, un vendeur court et demande si vous souhaitez un cellulaire neuf ou d'occasion. D'autres troquent l’ancien appareil pour un neuf, plus sophistiqué. Un grand souk d'accessoires se trouve en pleine rue : coques, écouteurs, chargeurs, etc. Les offres des chaînes se développent, dans les quartiers chics du Caire, "Mobile Shop" offre chaque jour des appareils avec plus d'options.
Un pour le travail, un pour la famille, un pour la petite amie
Le mobile est devenu la préoccupation majeure des gens et notamment des classes inférieures. Etudiants et écoliers échangent des sonneries, des vidéo clips et les dernières chansons. Dans cette couche sociale, le budget de la téléphonie portable constitue une dépense très importante. En 1999, une association contre les portables s'est formée pour combattre ce fléau. Elle a disparu, chacun trouvant ses satisfactions : travail, informations, musique, vidéo, photo, agenda... Sur les tables, chacun expose deux ou même trois portables ; un pour le travail, un deuxième pour la famille et les amis, et le dernier pour la petite amie.
Les bruits, les chansons et même les appels aux prières se multiplient pour limiter l'usage exagéré malgré toutes les interdictions : dans les classes des écoles, les conférences, au cinéma, dans les lieux de cultes et même durant des funérailles.
Etisalat et Vodafone sont les héros de la 3G, mais la nouvelle technologie attirera-t-elle un nombre d'usagers aussi important que le GSM ? Ou se limitera-t-elle à une catégorie sociale aisée ? Mais, on voit déjà sur les bureaux, des portables avec écran large, des écouteurs et des employés regardant béatement ces lanternes magiques.
Lama Ahmed (www.lepetitjournal.com) lundi 28 mai 2007