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Pas une exposition d’art contemporain sans qu’il ne soit mentionné. L’Arte Povera a définitivement marqué la création italienne. Mais que recouvre-t-il exactement ? Retour sur la genèse d’un courant artistique
Le terme est apparu en 1967 dans le titre d’une exposition "Arte Povera - Im spazio" présentée à Gênes. La paternité de cette formule revient au critique d’art Germano Celant, et c’est lui-même qui en a théorisé les fondements. Il s’inscrit contre l’industrie culturelle (l’Op’art) et la société de consommation (le Pop’Art). Trouvant ses bases dans l’idéologie contestataire du moment, il se définit davantage comme une attitude que comme un mouvement artistique. Empreint de liberté, il préfère valoriser le geste artistique plutôt que l’objet fini, résistant ainsi à toute tentative d’appropriation. L’Arte Povera peut être aussi considéré comme la version italienne d’un phénomène international plus vaste qui recouvre le Land Art, l’Antiform ou l’Art conceptuel.
La dialectique nature - culture L’adjectif "pauvre" fait référence autant aux matériaux utilisés (sable, toile de jute) qu’au caractère éphémère de certaines compositions. Douze créateurs ont fait partie de cette expérience artistique entre 1966 et 1969, principalement à Turin et à Rome. La dialectique nature - culture était au centre de plusieurs compositions, à l’image de la "Struttura che mangia" réalisée en 1968 par Giovanni Anselmo (voir l'image). Cette composition, faite de deux blocs de granit polis et d’une laitue fraîche, où s’affrontent le minéral (de l’art funéraire) et du végétal, donne à voir un équilibre précaire compte tenu de la fragilité de la salade fraîche. Jannis Kounellis, dont l’œuvre a récemment fait l’objet d’une importante exposition à la fondation Pomodoro, est aussi un membre fondateur de l’Arte Povera (voir l'image). L’utilisation de ce terme a été abandonnée dès 1972, mais Germano Celant a dit en 1986* "l’Arte Povera reste très présent, comme un noyau d’énergie (…), il n’a jamais voulu devenir spectaculaire (…) mais doué d’une grande capacité d’infiltration. (…) C’est une présence encore fraîche". Nathalie ROUVEYRE. (www.lepetitjournal.com - Milan) mercredi 30 mai 2007
* Entretien Daniel Soutif avec Gernano Celant, Gênes, 13 septembre 1986 Pour plus d’informations - Dossier Pédagogique/Collection du Musée "Un mouvement, une période" du centre Georges Pompidou – Arte Povera - www.fr.wikipedia.org - Groupes mouvements tendances de l’Art contemporain depuis 1945 - Ecole nationale supérieure des Beaux Arts, 2001 - www.mamac-nice.org (site du musée d’Art contemporain de Nice)
Les artistes de l’Arte Povera Giovanni Anselmo, Alighiero e Boetti, Pier Paolo Calzolari, Luciano Fabro, Jannis Kounellis, Mario Merz, Marisa Merz, Giulio Paolini, Pino Pascali, Giuseppe Penone, Michelangelo Pistoletto et Gilberto Zorio |