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A partir d'aujourd'hui et jusqu'au 8 juin, l'Allemagne accueille le sommet du G8 dans la station balnéaire de Heiligendamm. Depuis samedi, des manifestations en marge de la rencontre dégénèrent en batailles rangées avec la police. Une semaine qui s'annonce houleuse Un dispositif de sécurité pharaonique 16 000 policiers et plus de 1000 soldats, une clôture barbelée de plus de 12 km autour de l'hôtel accueillant la conférence du G8, les abords de la côte interdits d'accès : pour assurer la sécurité des grands de ce monde, rien n'a été laissé au hasard. Par crainte de débordements, une zone-tampon de 2 à 6 km autour de la clôture a été décrétée, toute manifestation y sera interdite. En effet, près de 100 000 opposants de tous bords sont attendus en marge du sommet. Des représentants de partis politiques, de syndicats, d'églises et de groupements altermondialistes comme Attac ou Greenpeace, avec pour seul point commun le refus de la mondialisation. Mais aussi des groupuscules d'extrême-gauche aux objectifs ambigus et au rapport à la violence pas toujours clair, comme le groupement "interventionnistische Linke" ("La gauche interventioniste"), "Block G8" ou le réseau "Dissent". Batailles rangées avec la police De fait, les premières manifestations anti-G8 qui se sont tenues le samedi 2 et le lundi 4 juin à Rostock, la capitale de Mecklenburg-Vorpommern laissent mal augurer de la suite des évènements. Si les participants étaient moins nombreux que prévus – entre 30 000 et 80 000 selon les sources, contre 100 000 annoncés à l'origine – la scène d'extrême gauche allemande a prouvé son potentiel de nuisance : de nombreuses voitures ont été incendiées, et des magasins ont été pillés. Les confrontations tournent souvent à la bataille rangée avec la police, expressément prise pour cible des jets de pierres. Bilan provisoire des manifestations : 1000 blessés dans la journée de samedi, dont 430 parmi les forces de l'ordre. Vers une scission du mouvement anti-mondialisation? La classe politique allemande a immédiatement dénoncé les excès de violence. Dans les rangs de la CDU (chrétiens-démocrates), certains réclament un durcissement de la police face aux manifestants violents. Volker Kauder, chef de la section CDU au Bundestag, a appelé les manifestants pacifiques d'Attac à "se séparer des émeutiers et agitateurs d'extrême-gauche", jugeant qu'il fallait "utiliser des manière plus intensive l'instrumentation de base" comme les canons à eau. Du côté des organisateurs de la contestation, on condamne également les débordements. Attac, par son porte parole Peter Wahl, a déclaré aux émeutiers "nous ne voulons plus vous voir". Tout en précisant, sur le site Web, que "la police a réagi de manière disproportionnée" à une "manifestation pacifique". De part et d'autre du "mur de Heiligendamm", deux perspectives s'affrontent. Raphael COTTIN (www.lepetitjournal.com - Berlin) mercredi 6 juin 2007 |