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A tout juste 20 ans, Fabien Marzelière, étudiant français en sciences politiques, a choisi de venir étudier un an en Argentine. Grâce à un échange universitaire calqué sur le modèle européen Erasmus, il étudie à l'Université de Córdoba. Un an pour découvrir et apprécier la vie estudiantine cordobèse
D'où venez-vous? Que faisiez-vous? Je suis originaire d'Oudon, une commune de Loire-Atlantique située sur les bords de Loire, à 25 km de Nantes. Après l'obtention de mon bac, j'ai intégré l'Institut d'études politiques de Rennes. Il est obligatoire, dans le cadre de mon cursus à Science Po, de réaliser sa troisième année d'études à l'étranger. J'ai choisi de venir passer une année d'échange universitaire en Argentine.
Depuis quand vivez-vous en Argentine? Je suis arrivé au début du mois d'août 2006, pour le début de mon année d'étude. Que faites-vous? Officiellement, je suis étudiant en intercambio à l'Universidad Nacional de Córdoba. J'étudie l'économie et l'histoire. Mais en réalité, je passe avant tout du bon temps en Argentine. Le volume horaire des cours n'est vraiment pas écrasant. Alors je sors, je joue au foot avec la fac et évidemment je voyage! Je profite de mes longs week-ends et surtout des vacances universitaires, de décembre à mars, qui m'ont permis de découvrir le reste de l'Argentine, le Chili, le Pérou et la Bolivie.
A Córdoba, ce que vous aimez? Prendre un maté sur la Plaza de Intendencia le dimanche après-midi. Quand il fait beau, beaucoup de jeunes viennent se détendre, se remettre de leurs excès du samedi soir, discuter avec les amis, regarder les capoeiristes... Córdoba est une ville à taille humaine avec un superbe centre historique. Et même si elle n'a ni le charme ni la richesse architecturale de Buenos Aires, elle offre l'avantage immense de pouvoir sortir respirer et se balader pour une journée dans les sierras toutes proches. J'aime aussi l'accent chanté des Cordobèses! Ce que vous n'aimez pas? Il n'y rien que je déteste... Non, vraiment, je ne vois rien d'insupportable. Même la pollution ne me gêne pas. C'est assez facile de circuler dans Córdoba, il n'y a aucun inconvénient majeur. Qu'est-ce qui vous surprend? Les discussions de 5 minutes engagées avec un inconnu auquel on avait seulement demandé une adresse. Le nombre de kioscos par cuadra. La propagande électorale pendant un match de foot à la télévision. Et enfin, le soin que les Argentins portent à leur apparence.
Votre restau, adresse, préférée? Sans aucun doute, La Alameda, un petit restau-bar typique de Córdoba (Obispo Trejo 170). J'adore m'installer en terrasse le soir, dans le cœur historique de la ville, avec une lumière orangée et juste ce qu'il faut de passants à observer. La cerise sur le gâteau? La bière à 5 pesos et la possibilité de grignoter empanadas, pizzas et lomitos à des prix imbattables.
Vos sorties? Bizarrement, je vais beaucoup en boîte de nuit (boliche) que je ne fréquente que très peu en France. Mais ici, l'ambiance est beaucoup plus sympa et c'est vraiment le moyen normal de terminer une soirée pour tous les jeunes, pas besoin de se mettre sur son 31. Je suis également allé prendre quelques cours de tango. L'Argentine c'est.....? Diego Maradona! Plus globalement, c'est la ferveur énorme qu'il existe autour du football dans les stades et à l'extérieur. Passionné par ce sport, je suis moi-même devenu "hincha" de River Plate, l'un des clubs de Buenos Aires. Je me suis mis à supporter cette équipe après avoir eu l'immense chance d'assister au superclasico contre Boca Juniors en octobre dernier. La victoire de River Plate dans une ambiance indescriptible restera comme l'un des moments forts de mon séjour. Mais l'Argentine, c'est aussi l'asado: comme rituel social mais aussi pour la viande. Et puis en vrac, la cumbia (je compte d'ailleurs monter un groupe avec 2 amis à mon retour en France), des femmes magnifiques, les Malouines, la Quilmes... Et tout ce qui fait le quotidien d'un étudiant!
Vous allez rester? L'échange universitaire est prévu pour une année seulement. Je rentre donc en France cet été. Et dès septembre je retrouve la route de Science Po Rennes pour terminer mes études. Mais je pense que je reviendrai un jour. Le charme de l'Argentine a opéré! Propos recueillis par Pierre-Philippe BERSON (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) lundi 4 juin 2007
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