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L'Argentine fête demain l'anniversaire de la révolution de 1810, acte d'émancipation vis-à-vis de la couronne espagnole contrôlée par Napoléon. L'indépendance sera proclamée le 9 juillet 1816, l'autre date importante de l'histoire du pays 
(Photo P.P.Berson/LPJ)
Les drapeaux bleu ciel, blanc et or sont de sortie, sur les bâtiments officiels, à l'avant des taxis et des bus, sur les balcons. Cette année encore, les Argentins célèbrent le 25 mai, pour commémorer l'anniversaire de la révolution de mai 1810, qui aboutira à l'indépendance du pays six ans plus tard. Pour le professeur d’histoire à l’université del Salvador Horacio Rodriguez, cette date “a toujours été fêtée”, mais, depuis quelques années, “elle a pris une autre dimension, cette fête est devenue moins routinière”, les gens se sentent plus concernés. Il explique cette évolution par “un besoin toujours plus grand de repères. Après la crise de 2001, les gens étaient déboussolés, perdus, le 25 Mai est alors apparu comme un événement donneur de sens”. Napoléon en Espagne A la fin du XVIIIe siècle, la domination espagnole dans ses colonies d'Amérique montre des signes d'essouflement. Des intellectuels créoles s'inspirent des idées des révolutions française et nord-américaine pour réclamer leur émancipation. En 1806, les troupes de la couronne britannique, opposée à la France et à l'Espagne, s'emparent de Buenos Aires. La résistance s'organise dans le vice-royaume du Río de la Plata, avec notamment un certain Santiago de Liniers, de son vrai prénom Jacques, un immigré français de fraîche date devenu officier de marine dans la colonie espagnole. Il sera même nommé vice-roi en 1807, lors de la seconde invasion anglaise, mise en déroute. Cette même année, Napoléon envahit le Portugal, puis, en 1808, emprisonne le roi Fernando VII et prend le contrôle de la couronne d'Espagne en mettant son frère José Bonaparte sur le trône. Le vice-royaume refuse l'allégeance et Liniers est écarté en raison de ses origines françaises. En 1810, le Cabildo de Buenos Aires se réunit pour décider d'une politique face à l'Espagne, désormais sous le contrôle total de Napoléon. Ne reconnaissant pas le nouveau pouvoir en Espagne, les membres de l'assemblée décident donc de former, le 25 mai 1810, un gouvernement, la Primera Junta de Gobierno patrio, présidé par Saavedra. Ce n'est pas vraiment une révolution, et pas encore l'indépendance, la Junta disant gouverner au nom de Fernando VII, mais c'est le début d'un processus d'émancipation. Lorsque Fernando VII retrouve son trône en 1814, il refuse de tenir compte des profonds changements dans ses colonies d'Amérique. Certains, comme Belgrano, tentent encore une négociation avec l'Espagne, d'autres, comme San Martín, ont l'indépendance pour seul objectif. Elle sera proclamée par le Congrès réuni à Tucumán le 9 juillet 1816. P.-P. BERSON et L. RIZET (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) Jeudi 24 mai 2007
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