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ENTRETIEN – Réveiller la société civile... |
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jeudi 24 mai 2007 |
Ion Olteanu et sa fille Sinziana sont coordinateurs de projet au Centras, un centre de ressources pour les Organisations non gouvernementales (ONG), l’un des principaux moteurs de développement de la société civile en Roumanie
Lepetitjournal.com - En quoi consiste le Centras ? Sinziana Olteanu - Le rôle du Centras est de renforcer la démocratie en assistant les ONG. Créé en 1995, alors que la Roumanie était encore en période de transition, le Centras s’inscrit dans l’extraordinaire dynamique de création d’associations remplies du désir de faire bouger les choses. Notre travail consiste également à améliorer l’environnement dans lequel les ONG travaillent en formant les personnes qui assurent le lien avec les associations au sein des institutions. Aujourd’hui les associations prennent le relais des fonctions que l’Etat ne peut pas fournir, notamment dans le domaine social.
Votre projet en ce moment ? Ion Olteanu - Depuis 13 ans, nous avons mis en place un réseau de jeunes conseillers locaux âgés de 11 à 15 ans. Au terme d’une campagne électorale, ils sont élus pour un mandat de deux ans. Ainsi, 400.000 jeunes ont été élus en 13 ans au sein d’un conseil municipal calqué sur le modèle français du Parlement des jeunes. Et nous sommes rigoureux : lorsque les enfants disent "on veut faire cela", les adultes le font. Les jeunes apprennent ainsi comment monter un projet, trouver des financements auprès de la mairie ou des sponsors, travailler avec les médias, rendre des comptes devant les électeurs, informer dans les écoles.
Quel lien entre les ONG et les jeunes ? Sinziana Olteanu - Les ONG ont un rôle de formation des citoyens, notamment des jeunes qui découvrent grâce au bénévolat les sujets d’intérêt public. Il faut investir dans les jeunes, j’ai confiance en eux.
Dans quelle mesure les jeunes participent au réveil de la société civile ? Ion Olteanu - La société civile ne pouvait pas exister avant 1989 puisque les autorités décidaient du temps libre de chacun. Aujourd’hui, le réveil de la société civile passe par les jeunes, les adultes ont trop de réserves par rapport à eux. Cela me plait de voir des enfants de plus en plus conscients de leur pouvoir, ils peuvent tout à fait comprendre le concept de société civile, c’est-à-dire la dynamique des intermédiaires entre les gouvernants et les gouvernés dans une démocratie. Nous voulons préparer les enfants à ne plus accepter la mauvaise gouvernance : le manque de perspectives, la corruption, les gouvernements autoritaires. La nouvelle génération doit rompre avec ces habitudes.
Propos recueillis par Marianne Rigaux (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 24 mai 2007 |