| Ecrit par BUDAPEST,
le 25-05-2007 01:00
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Henriette Walter était à l'Institut français le 17 mai pour une conférence d'une heure trois-quarts qui se serait sans doute prolongée si l'oratrice n'avait eu des obligations, tant elle est toujours passionnée par son sujet et tient l'auditoire sous le charme de ses propos. Elle avait d'ailleurs intitulé sa causerie "le français dans tous les sens" en référence à l'un de ses livres.
Henriette Walter (Photo LPJ) C'est à un merveilleux voyage à travers plus de deux mille ans qu'elle nous a conviés. Que l'on ait une formation linguistique ou que l'on soit novice, on ne peut être qu'enchanté. Dans un cas on rafraîchit ses connaissances ou bien on découvre l'extraordinaire aventure des mots en s'apercevant que ce n'est rien d'abstrait ni de réservé à des savants mais quelque chose qui nous touche tous. Henriette Walter est professeur émérite de linguistique à l'Université de Haute-Bretagne à Rennes et directrice du laboratoire de phonologie à l'École pratique des hautes études à la Sorbonne. Si elle a écrit des ouvrages de linguistique très spécialisés, elle en a publié, toujours avec succès, beaucoup d'autres destinés au grand public où elle mêle avec bonheur démonstrations sérieuses, anecdotes et jeux. On peut citer Le français dans tous les sens, Des mots sans-culottes, L'aventure des mots français venus d'ailleurs, Honni soit qui mal y pense L'aventure des langues en Occident ou bien encore L'étonnante histoire des noms des mammifères Un essor extraordinaire Au commencement était le latin, à l'origine une langue de paysans à l'embouchure du Tibre qui a déjà beaucoup emprunté à des voisines, telles le gaulois et s'est enrichie de l'apport étrusque au nord et grec au sud, ce qui lui a permis de prospérer. Elle s'implante du sud au nord de la Gaule, les occupants venant eux-mêmes de régions différentes, de tous ces mélanges naîtra une langue qui n'a plus grand-chose à voir avec le latin, ce qu'accentuera encore l'arrivée des Germains avec de nouveaux mots. Puis le français se répand en suivant l'extension du royaume de France, les foires de Champagne et les énormes concentrations de peuples divers qu'elles favorisent sont une occasion d'apports étrangers, arabes en particulier. Ensuite avec les mariages royaux ce seront de nombreux vocables italiens ou espagnols qui s'ajouteront. Jusqu'à la Révolution prévaut le bilinguisme, en 1794 une enquête de l'abbé Grégoire révèle que moins d'un cinquième de la population parle le français, le reste pratiquant une langue régionale. Au XIXe l'école obligatoire se chargera de répandre la langue officielle, la Première Guerre portera un coup fatal aux patois et dialectes, plus tard la radio et ensuite la télévision les achèveront. Leur résurgence actuelle ressortit à des motivations diverses. C'est donc un véritable roman d'aventures aux nombreux rebondissements que celui de notre langue. C. DEHALLE (www.lepetitjournal.com - Budapest) vendredi 25 mai 2007
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