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PORTRAIT - Basescu, président controversé mais tant aimé |
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mercredi 23 mai 2007 |
Suite au référendum de samedi dernier, le chef de l’Etat roumain a retrouvé son poste alors qu’une majorité de parlementaires l’avait suspendu en avril. Portrait d’un homme politique controversé mais tant aimé par le peuple
Le Président Traian Basescu (photo: Sorin Lupsa – presidency.ro).
Arrivé au pouvoir en décembre 2004 à la tête d’une alliance de centre droit, Traian Basescu (55 ans) est, depuis lors, l’homme le plus populaire du pays. Très direct, il sait parler aux Roumains, désabusés par la corruption qui a prospéré au sommet de l’Etat après la révolution de 1989. Maire de Bucarest de 2000 à 2004, c’est à cette période qu’il se forge sa réputation. Il décida notamment, en 2001, de nettoyer la capitale roumaine des chiens errants qui pullulaient dans la ville, s’attirant les foudres de la Fondation Brigitte Bardot. Ancien ministre des Transports à plusieurs reprises entre 1991 et 2000, Traian Basescu est d’abord un officier de la marine marchande. Entre 1981 et 1987 il commanda le plus grand navire de la flotte roumaine. "Contrairement à la plupart des hommes politiques de ma génération, j’ai beaucoup voyagé, je n’ai pas été influencé par le système”, commentait-il récemment. Un système hérité de l’ère communiste où, pendant les années 1990, les pots-de-vin étaient monnaie courante. Et c’est précisément cette “culture” du clientélisme que Traian Basescu combat.
Manque de diplomatie Pour lui, le gouvernement actuel est sous l’influence de groupes d’intérêts corrompus. Fin février, lors d’une émission de télévision à laquelle il n’était pas convié, il n’a pas hésité à interrompre par téléphone le Premier ministre Calin Tariceanu, avec qui il ne s’entend plus du tout : “Ce n’est pas parce que vous avez une allure d’Européen que vous pouvez dire n’importe quoi sur le président !”, avait-il lancé. Ses coups de gueule sont parfois abusifs et difficilement tolérables - Il a récemment qualifié une journaliste de "sale tzigane"... - mais son franc-parler et sa détermination peuvent aussi être les bienvenus quand il s’agit de mettre de l’ordre dans la mémoire collective. En décembre dernier, devant un parterre de députés tendus et les sifflets des membres du parti d’extrême droite Romania Mare, il dénonce les crimes du communisme, ce qu’aucun Président roumain n’avait osé faire jusqu’alors, en présentant le rapport exhaustif d’une commission d’historiens. A Bruxelles, ses initiatives sont saluées mais son manque de diplomatie inquiète parfois. Déjà, lors de son investiture en tant que président en janvier 2005, il avait mis en avant “l’axe Londres-Bucarest-Washington”, un discours très atlantiste qui avait été peu apprécié par la Commission européenne. L.C. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 23 mai 2007 |
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