| Ecrit par BUDAPEST,
le 21-05-2007 01:00
|
|
Le viol d'une jeune femme par cinq policiers, la nuit du 4 mai en plein centre ville de Budapest, a provoqué d'énormes bouleversements dans la haute hiérarchie des forces de l'ordre, mais également quelques remous au sein de la classe politique hongroise. Jeudi dernier, le Premier ministre Ferenc Gyurcsany a limogé le chef de la police nationale, Laszlo Bene, et son homologue de la police de Budapest, Péter Gergényi
"Le Q.G de la REBISZ, les gardiens de la paix de Budapest" (photo LPJ F. Gaillard)
C'est dans une petite rue proche de Muzeum körut, que cinq membres de la "Rebisz" ont entraîné une jeune fille de 21 ans après l'avoir interpellée au volant de sa voiture pour non port de la ceinture de sécurité. Selon la victime, ces gardiens de la paix l'ont d'abord soupçonnée d'être ivre, puis l'ont emmenée dans la ruelle en prétextant qu'il lui fallait passer un alcootest... Un agent l'aurait alors forcée à lui faire une fellation, quand un autre la violait par pénétration. Les trois autres ont passé leur temps à regarder. Tous portaient leur uniforme, et des caméras de surveillance attestent de la véracité de la scène… Sans commentaire ; surtout pas de la part de la police elle-même, puisque l'affaire n'a éclaté dans les médias hongrois qu'une dizaine de jours plus tard. Tout juste une semaine après qu'un autre policier ait été pris à voler dans une banque à Széna tér, sur les lieux du hold-up qui s'est soldé par un mort et deux otages blessés. La police de Budapest et la police nationale ont bien du mal à se refaire une conduite, sinon une réputation. Avec, en plus de ces événements, une corruption banalisée et hiérarchisée, des gardiens de la paix aux policiers motards, la population hongroise fait aujourd'hui preuve d'une grande méfiance envers les forces de l'ordre. Gyurcsany : "Je peux protéger la police des attaques politiques, mais je ne peux pas la protéger contre elle-même" Le cumul des récentes frasques policières en Hongrie commence alors à prendre une tournure politique. Le chef du gouvernement Ferenc Gyurcsany, lui-même visé par les attaques de l'opposition conservatrice incarnée par le parti Fidesz-KDNP, a été contraint, jeudi 17 mai, de s'exprimer sur ces dérives scandaleuses : "Je peux protéger la police des attaques politiques, mais je ne peux pas la protéger contre elle-même". Cet aveu d'une relative impuissance n'a d'ailleurs été suivi que de sanctions exemplaires, telles que le limogeage des chefs de la police nationale et de la police de Budapest, qui prendra effet le 1er juillet prochain. Il reste beaucoup à faire en ce qui concerne les mœurs policières en Hongrie. "Je sais que remplacer les chefs n'est pas la solution en soi, mais c'est la première étape pour que la police puisse un jour regagner la confiance du pays" a-t-il ajouté. Au même moment, polémique politique mise à part, le groupe parlementaire du KDNP a réclamé une enquête concernant l'état psychologique des forces de police hongroises. François GAILLARD (www.lepetitjournal.com - Budapest) lundi 21 mai 2007
|