|
La croissance espagnole, en constante hausse depuis 13 ans, devrait rester supérieure à 3% jusqu’en 2010. Mais certains facteurs incitent à la prudence et à la redéfinition des orientations économiques. Croissance extérieure, boom culturel, ou développement des nouvelles technologies, les régions jouent un rôle majeur dans la diversification de l’économie
La coupe de l'America, une aubaine pour la Communauté de Valence comme pour l'Espagne (©ACM)
Valence, hôte de la 32e Coupe de l’America, estime à 300.000 le nombre de touristes supplémentaires qu’elle accueillera cette année. Les retombées économiques sont estimées à plus de trois milliards d’euros. De quoi suivre le modèle catalan, qui continue de surfer sur la vague olympique de 1992. Valence, ancienne cité phénicienne, a renoué avec son prestige commercial d’antan, avec pour objectif de former un trio de tête aux côtés de Madrid et Barcelone.
À chaque communauté sa spécialité Le Pays Basque, profitant de son régime fiscal autonome s’accroche au wagon. Bilbao, qui rayonne culturellement depuis les années 90 avec l’ouverture du musée Guggenheim, semble, aujourd’hui, gagner le pari de la modernisation. Après une période où le chômage touchait un quart de la population active, la région atteindrait désormais une situation de "quasi plein-emploi", selon ses autorités. Une réussite qui s’explique par une politique de développement liée à la création de pôles d’excellence pour attirer les investissements étrangers. En Navarre, ce sont les éoliennes et les équipements en panneaux solaires qui ont propulsé la communauté de Pampelune au rang de modèle à travers toute l’Europe. 97% de son électricité provient des énergies renouvelables.
Madrid maintient le cap Quant aux îles Canaries, la proximité des côtes africaines lui permet d’arguer sa position de plate-forme intercontinentale. Déjà forte de son économie touristique avec 12 millions de visiteurs par an, Tenerife fait les yeux doux aux chefs d’entreprises européens et américains travaillant en Afrique. Dans cette compétition intérieure, la capitale, Madrid, tente de tenir la distance. Déjà contestée politiquement, elle est forcée de maintenir un rythme de croissance important. Misant sur ses infrastructures (aéroport de Bajajas, autoroutes, complexes sportifs et culturels…) et son ouverture sur l’international, Madrid reste la proue de l’économie nationale. Le défi de la globalisation se joue à l’échelle locale, les régions l’ont bien compris. En découle une concurrence interne qui tire l’économie du pays vers le haut. Arnaud BOULARAND (www.lepetitjournal.com) lundi 21 mai 2007 |