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Quelques heures après son investiture, Nicolas Sarkozy s’est envolé pour Berlin où il a salué chaleureusement la chancelière Angela Merkel. Au-delà du symbole politique d'une amitié franco-allemande durable, cette rencontre fut l’occasion, pour le nouveau Président de la République, d’insister sur "l’urgence à agir" 
Entente cordiale... mais les deux chefs d'Etat regardent-ils dans la même direction? (Photo. Cécile Boutelet) Les présidents changent, les manières aussi. Jacques Chirac aimait à baiser délicatement la main d'Angela Merkel. Nicolas Sarkozy, lui, a fait la bise à son homologue allemande. Pour son premier déplacement officiel, le Président français fraîchement investi a marqué de son style la pratique diplomatique. D’emblée, Nicolas Sarkozy a voulu se réapproprier les traditions: l’amitié franco-allemande doit être, pour lui, franchement cordiale. Honneurs, symboles et agenda Après les honneurs militaires, une brève rencontre avec la presse a permis aux nouveaux partenaires politiques de consacrer, tout en tutoiement, la vigueur d’une amitié franco-allemande "exceptionnelle" pour l’Allemande et "sacrée" pour le Français. La prompte visite du Président français apparaît en effet comme un geste fort et symbolique pour sceller une amitié franco-allemande, qu'il avait pu, en son temps, relativiser. La chaleur témoignée par Nicolas Sarkozy à son homologue allemande a aussi voulu faire oublier les formules malheureuses de l’ex-candidat à l’encontre de l’Allemagne, notamment au sujet de la "solution finale". Si les symboles sont là, le Président Sarkozy a précisé vouloir aller plus loin. Il a rappelé "l’urgence" des dossiers à traiter. Sur l’affaire EADS comme sur la "paralysie actuelle" de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a martelé qu’il n’y avait pas "une minute à perdre". L’urgence de la relance de la construction européenne "L'Europe attend que nous prenions des initiatives, a ainsi affirmé le Président français. Je suis venu en Européen, en ami, avec la conscience qu'il faut des résultats et que nous n'avons plus le temps". Bien décidé à faire oublier la responsabilité française dans le blocage constitutionnel, Nicolas Sarkozy apportait à Berlin sa proposition d’un "traité simplifié", portant sur les institutions et non soumis à référendum. Un projet qui rencontre de bons échos Outre-Rhin, même s’il est loin de faire taire les désaccords qui sifflent de toutes parts en Europe, entre tenants de position "minimalistes" et supporters de l’Europe politique. Le nouveau couple franco-allemand affiche un style simple et énergique. Les prochaines semaines montreront s'il s'inscrit dans la lignée de ses illustres prédécesseurs. Blandine JOSSELIN (www.lepetitjournal.com - Berlin) jeudi 17 mai 2007 |