| Ecrit par Lisbonne,
le 23-05-2007 00:00
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L' émigration portugaise des années 60/70 en France a donné lieu à une nouvelle génération appelée les luso-descendants, qui ont choisi de garder la double nationalité à l'abri des accords bi-latéraux. Nombreux tentent de se faire une place au Portugal se heurtant toutefois à la précarité de l'emploi dans le pays
Jose Esteves a une formation d'architecte et travaille à la mairie de Monção Beaucoup parmi les luso-descendants ont opté pour choisir le pays de leurs parents pour vivre. C'est ainsi qu'à partir des années 90, et plus particulièrement de 1995, nombreux ont commencé à s'installer au Portugal. Ce qui est frappant c'est que leurs parents, dans la plupart, ont continué à vivre en France, certains par crainte de ne pas trouver la même stabilité, d'autres en attendant l'âge de la retraite. Parmi ces jeunes gens il y a des cas de succès et d'insuccès, mais, en général, ce qui les préoccupe c'est la précarité de l'emploi. C'est le cas de Marie Céline qui, après sa troisième, a opté pour continuer ses études au Portugal où elle a fini son BAC. Par la suite, elle est entrée à l'Université où elle a suivi un cursus de langues. Au bout de quatre ans elle a réussi à avoir sa licence de traductrice, mais pas d'emploi. Après deux années de chômage, elle a finalement réussi à trouver un emploi de secrétaire administrative, mais pas un contrat à durée indéterminée. Et cela dure depuis six ans déjà. Corinne a crée son salon de coiffure Katia, elle, est venue plus jeune, à l'age de onze ans. Elle a fait un cursus de professorat de langues, mais les contraintes de la profession, dans ce pays, ont fait qu'elle se trouve aujourd'hui derrière une caisse de supermarché. José Esteves, que l'on voit sur la photo, après avoir terminé sa formation d'architecte à Paris, a décidé de venir au Portugal pour entrer dans la vie active. Après des débuts trébuchants associés à un cabinet d'architecture, il a finalement trouvé une place à la Mairie de Monção, où il s'occupe encore aujourd'hui de la conservation du patrimoine architectonique. Et, vérité soit dite, Monção, dans le bon sens du terme, n'est plus aujourd'hui ce qu'elle était il y a dix ans en arrière. Carine, après avoir eu son Brevet de Coiffure à Paris a également décidé d'entrer dans la vie active au Portugal. Travaillant dans un premier temps dans un salon, ou elle avait une patronne, pour se faire la main comme elle disait, elle a finalement créé son propre salon et ne s'en plaint pas aujourd'hui. Rafael, lui, il est venu â l'age de 11 ans et a abandonné ses études après la troisième. Par la suite, il est entré dans une école professionnelle où il a eu son Brevet de Technicien de Climatisation. Certains retournent dans leur pays, la France On sent chez-lui un certain mal de vivre, car non seulement il est très critique envers tout ce qui se passe au Portugal, mais d'autre part il est séduit par tout ce qui se passe en France. Il va souvent en vacances en France, mais persiste à dire qu'il préfère travailler au Portugal. Carrasqueira et son épouse Lucie, après la trentaine, ont opté pour continuer leur vie active au Portugal, en emmenant leurs deux enfants. Ils ont pris un restaurant en location dans le Nord du Pays, à Minho, avec un logement au dessus. Donc, toutes les conditions pour réussir. Il a engagé pas mal de frais dans la rénovation, mais l'emplacement, dans une ruelle cachée, n'était nullement propice aux affaires. Six mois après, il se sont déplacés vers le centre du Portugal où ils ont trouvé du travail, lui à mi-temps dans une radio et l'épouse dans une boutique d'objets en cuir. Ils ont encore tenu six mois, mais finalement ils ont plié bagage et sont retournés en France. Au vu de tous ces exemples, on constate que si certains luso-descendants ont trouvé une certaine stabilité, d'autres ont échoué, et, comme nous disait José l'architecte, il y en a beaucoup qui sont retournés au Pays où ils sont nés, la France. Manuel Gaspar. (www.lepetitjournal.com - Lisbonne) 21 mai 2007
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