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CINEMA-De mémoire de femme |
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mercredi 07 novembre 2007 |
Sortie
aujourd'hui sur les écrans chiliens -enfin- du documentaire de Carmen
Castillo, présenté en mai dernier au festival de Cannes, dans la catégorie "Un certain regard". " Calle Santa Fe"
interroge sur le sens de l'engagement militant à travers l'histoire du
leader du MIR (extrême gauche chilienne), Miguel Enríquez, assassiné en
1974. Un symbole au Chili.
Calle Santa Fé le dernier documentaire de la réalisatrice chilienne Carmen Castillo est présenté dans trois salles*. Ce n'est pas la première fois que cette réalisatrice engagée met en scène les heures sombres du Chili. Après plus de 7 films, dont Flaca Alejandra, (histoire d'une militante du MIR passée du coté de Pinochet), elle s'attaque désormais à un symbole de la lutte contre la dictature : son ex-compagnon Miguel Enríquez . Le 5 octobre 1974 il est assassiné par la DINA (Police secrète de Pinochet). Au cours de cette attaque, la jeune résistante blessée est sauvée in extremis, puis s'exile en France, où elle réside toujours. Vingt-neuf ans après son départ, c'est en réalisatrice qu'elle retourne avec sa caméra sur les lieux même où sa vie a basculé : la rue Santa Fé à Santiago. Ici rien ne semble avoir bougé. Au fil des rencontres avec la famille, les voisins (les même qu'en 1974), les camarades, Carmen parcourt un chemin qui va de la clandestinité à l'exil, des jours lumineux d'Allende aux longues années sombres de la dictature avec tous ceux qui ont résisté à cette époque. Elle tisse l'histoire d'une génération de révolutionnaires et celle d'un pays brisé. La quête du sens de ces vies engagées nous conduira dans les sous-sols d'un pays amnésique. La réalisatrice s'interroge alors sur le sens de l'engagement et de la révolte. A quoi ont servi tous ces morts ? Ont-ils été oubliés ? Quels sont les rêves des jeunes chiliens aujourd'hui ?
Un certain regard … sur la Mémoire A la fois historique, biographique et culturel, le documentaire met en scène un pays divisé sur son devoir de Mémoire. Carmen Castillo, qui joue à la fois le rôle de personnage, de narratrice et de réalisatrice, n'a pas voulu faire une biographie de son ex-compagnon Miguel Enríquez. Loin de jouer les veuves éplorées ou héroïques, elle s'est plutôt interrogée sur le sens de l'engagement de l'ex-leader du MIR. Elle a construit son récit de 167 minutes comme un hommage à la résistance et à la solidarité, en contraste avec le Chili néo-libéral actuel. Le film s'interroge sur ce qui est arrivé à toute une génération de personne qui se sont engagées en luttant pour la justice et la liberté. Un point de vue qui a plu au comité de sélection cannois. Une chance pour son travail, qui n'est pas vraiment compris au Chili en raison des sensibilités encore exacerbées sur cette partie de l'histoire. Laury-Anne Cholez (www.lepetitjournal.com - Santiago) jeudi 8 Novembre Née à Santiago du Chili, Carmen Castillo, engagée à gauche, travaillait au palais de la Moneda avec Beatriz Allende, sœur et secrétaire du président chilien. Elle fut l'épouse successivement de deux dirigeant du MIR (mouvement d'extrême gauche chilien), Andrés Pascal en 1967 dont elle a une fille, Camilla, puis de Miguel Enriquez. En 1974, la police politique découvre leur cachette, Miguel est tué, Carmen, blessée est emprisonnée. Ses parents réussissent à la faire libérer, elle s'exile en Angleterre, puis à Paris. *Cines Hoyts La Reina; Hoyts Valparaíso; Cine Arte Alameda y Cineteca. |
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