|
FINANCES - Le leu toujours plus fort |
|
|
|
jeudi 17 mai 2007 |
La monnaie nationale roumaine a atteint de nouveaux records face à l’euro et au dollar. Cette semaine, la valeur de l’euro est descendue à 3,27 lei. Il faut remonter à octobre 2002 pour retrouver un cours aussi bas face au leu
Le gouverneur de la Banque nationale roumaine (BNR), Mugur Isarescu (photo: antena3.ro)
Depuis le début de l’année, le leu s’est apprécié de 5,77% en termes réels face au dollar, et de 3,14% face à l’euro. Et ce mois-ci, la monnaie roumaine s’est encore appréciée d’environ 2% par rapport aux deux devises. Fin avril, plusieurs analystes ont soupçonné la Banque nationale roumaine (BNR) d’avoir acheté en grande quantité des devises étrangères afin de remettre un peu de lei sur le marché monétaire, ou stopper l’appréciation du leu… Une rumeur immédiatement démentie par les officiels de la BNR qui ne serait plus intervenue sur le marché monétaire depuis août 2005.
Le tigre de l’Europe Mais comment expliquer la force de la monnaie nationale roumaine?... “Les investisseurs étrangers ont injecté 9 milliards d’euros dans l’économie roumaine en 2006, 5 milliards en 2005 et 5 milliards en 2004. Ils ont besoin de lei pour mener à bien leurs investissements, ils sont en demande et, du coup, le dollar et l’euro perdent de la valeur. Et puis il y a aussi les Roumains de l’étranger qui ont envoyé 5 milliards d’euros en Roumanie l’an passé, soit 5% du produit intérieur brut. En 2006, la monnaie roumaine a été la plus forte au monde”, soutient Sorin Pislaru, rédacteur en chef du quotidien Ziarul Financiar. Et l’inflation ayant été ramenée à son plus bas niveau depuis 16 ans, rien n’a pu empêcher le leu de s’apprécier. “Avec sa croissance forte et continue (plus de 6%, ndlr), la Roumanie est devenue le tigre de l’Europe, tout comme l’était la Corée du Sud dans les années 1980. Les nombreux actifs du pays sont subitement devenus productifs grâce aux privatisations et aux investissements étrangers, et les gains de productivité ont augmenté de plus de 10% annuellement depuis 4-5 ans”, ajoute Sorin Pislaru. Ce qui explique aussi les fortes spéculations sur le marché de l’immobilier. F.C. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 17 mai 2007
|