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A la veille de l’intronisation officielle de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, nous avons demandé à Denis Viala, conseiller élu à l’Assemblée des Français de l’Etranger, quelles sont les attentes vis-à-vis du nouveau président. 54,5% des Français du Brésil ont voté pour Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles. Qu’a-t-il promis ? Que lui demandent les Français du Brésil ? L’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) est l’organe de représentation spécifique des électeurs résidents à l’étranger. Denis Viala (photo), conseiller élu à cette assemblée, réside à São Paulo. Il répond à nos questions.
Qu’est-ce que l’Assemblée des Français à l’Etranger (photo officielle)? L’AFE rassemble 155 membres à travers le monde. Ces membres sont élus pour 6 ans, au suffrage universel, selon le même protocole que les présidentielles. Seule une dizaine d’entre eux sont des membres "désignés". Les candidats se présentent par liste. La "circonscription" du Brésil, qui englobe aussi le Surinam et le Guyana élit par exemple trois membres. Les conseillers de cette assemblée se réunissent deux fois par an, en septembre et en mars à Paris. A leur tour, ils élisent 12 sénateurs, qui représentent les Français de l’étranger au Sénat français. Le ministre des affaires étrangères est président de l’AFE. La scolarité, la caisse d’assurance, le système de retraite sont les principaux sujets traités par l’assemblée.
Quel est le vrai pouvoir de la représentation des Français à l’étranger ? Actuellement, l’assemblée œuvre essentiellement à adapter les lois faites pour la France, aux Français de l’étranger. L’assemblée élit des sénateurs qui eux-mêmes ont un pouvoir consultatif sur les lois émises par les députés et peuvent aussi proposer des lois. Pour les membres des pays éloignés comme le Brésil, il est plus difficile de devenir sénateur : les conseillers habitant près de la France peuvent participer plus facilement à la vie politique. Actuellement, notre budget représente une ligne dans les comptes du ministère des affaires étrangères. Cette ligne est reconduite, mais pas débattue. Nous voudrions que le président soit également élu afin d’avoir un budget indépendant. Parmi ses promesses électorales, Nicolas Sarkozy a proposé d'étudier la possibilité d'élire aussi des Députés représentants les français établis hors de France. Ce serait donner nettement plus de pouvoir…
Quels changements attendez-vous sur les conditions des Français au Brésil ? L’UMP a proposé de rendre gratuite la scolarité à partir de la seconde. Cette mesure est très intéressante : plutôt que de promettre ce qui a déjà été promis en vain par les présidents antérieurs, à savoir la gratuité de toute la scolarité, autant commencer par les classes prioritaires, celles qui permettent d’accéder au bac et de poursuivre des études en France. Cette mesure est importante pour des élèves qui sont obligés de quitter l’éducation française à cause de la barrière du prix. Une des spécificités du système de santé ici, comme en Amérique du Nord, c’est qu’il est essentiellement privé, donc très cher comparé aux standards français. Or la Caisse des Français de l’Etranger rembourse sur les bases d’un hôpital en France, et ne tient pas compte des conditions locales. C’est une politique que nous tentons de modifier. D’ici quelques jours un nouveau gouvernement sera nommé. Les rumeurs à Paris concordent à désigner Hubert Védrine, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin. La preuve d'une volonté d'ouverture à gauche... et aux voix de l'étranger ?
Propos receuillis par Lisa Binet (www.lepetitjournal.com) mardi 15 mai 2007
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