|
CPF, Thai Airways et PTT, trois grandes firmes thaïlandaises, annonçaient la semaine dernière des profits en baisse par rapport à l’an dernier, malgré des volumes de ventes à la hausse. Les trois géants invoquent comme principal facteur la hausse du baht (Photo Jean-Louis Duzert)
Le baht s’échange aujourd’hui à un taux d'environ 35 pour un dollar contre 39 pour un dollar en mars 2006. Une hausse impressionnante et persistante qui diminue la compétitivité des exportations et réduit les profits rapatriés de l’étranger par les entreprises locales. Ainsi, le premier producteur national de ressources énergétique, PTT Plc, annonçait samedi des bénéfices nets en baisse de 4,8% dans le premier quart de l’année par rapport par rapport à la même période l'an dernier, pointant comme principal facteur la hausse du baht. Malgré des revenus globaux en hausse de 10,4%, les gains de la société en devises étrangères ont plongé de 66,9%. Les gains par action ont également chuté de 5,1%. Thai Airways International indiquait aussi de son côté, mercredi, qu’en dépit de l’augmentation de son trafic aérien (13,1% de passagers en plus par rapport au premier quart 2006) et de la baisse des prix du pétrole (favorisant une baisse globale des dépenses de 7% par rapport au premier quart 2006), ses bénéfices nets avaient baissé de 31% dans les trois premiers mois par rapport à 2006. Thai Airways, qui annonce pourtant des revenus en hausse de 7,6%, explique que le baht fort affecte ses gains provenant de l’étranger (90% des revenus proviennent des vols internationaux). Les analystes restent néanmoins optimistes grâce notamment à la baisse des prix du pétrole et à l’augmentation de la fréquentation touristique avec des arrivées en Thaïlande en hausse de 4,4% sur les trois premiers mois de 2007, selon Siam City Securities. Enfin, les bénéfices du premier producteur alimentaire du pays, Charoen Pokphand Foods, auraient quant à eux, plongé de 300 pour cent dans les trois premiers mois de l’année par rapport à la même période l’an dernier. Cela alors que le total de ses ventes a augmenté de 6% - 69% viennent du marché domestique, 17% des exportations et le reste d’investissements en Inde, en Chine en Malaisie et en Turquie. CPF impute ses pertes au baht fort ainsi qu’à une baisse du prix de ses produits, due au déclin de la consommation, alors que le prix du maïs (aliment de base des animaux) augmente. « Dans le même temps, explique à l’AFP le Président de CPF, Direk Sripratak, le taux élevé du baht rend nos bénéfices en devises étrangères quasiment plats par rapport à 2006. » Au début du mois, le Président de la bourse thaïlandaise insistait auprès de la banque centrale pour qu’elle accélère la baisse des taux d’intérêts afin de stimuler la consommation domestique et l’économie dans son ensemble, craignant un probable déclin des exportations thaïlandaises (qui comptent pour 60% du PIB). Vendredi, le Ministre des Finances lui a emboîté le pas. Lire aussi notre article du 8 mai (www.lepetitjournal.com) mardi 15 mai 2007 |