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INTERVIEW - André Ernst et "la richesse des affiches lacérées"... |
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mercredi 16 mai 2007 |
Lepetitjournal a rencontré l’artiste français André Ernst chez lui, à Bucarest. Maître dans l'art du collage, il invite au vernissage de son exposition ce mercredi 16 mai à 18h à la Galeria Galateca
Lepetitjournal : Quand avez-vous commencé votre art ? André Ernst - Vers 1985, à 47 ans, j’ai eu envie de faire quelque chose. Je suis persuadé que tout le monde peut avoir un “hobby”, à n’importe quel âge. J'ai même aidé des gens à trouver "leur truc à eux". Et c'est magique. Un soir à Paris je suis passé devant un immeuble en construction. Il y avait des affiches déchirées et j’ai vu un bout de papier qui m’a plu, je l’ai découpé et je l’ai ramené chez moi. Sur la cheminée, je l’ai trouvé beau, d’autres aussi l’ont trouvé beau, et ils m’ont demandé comment j’avais fait “ça”… C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte qu’il s’était passé quelque chose et j’ai commencé à travailler.
Comment votre peinture a-t-elle évolué ? Très vite le papier est devenu pour moi un objet de fascination. Le papier d’affiche a une richesse insoupçonnable. Les néo-réalistes des années 1960 ont découvert le collage, tout comme Picasso. Cela a été mis en valeur pendant quelque temps mais n’a pas vraiment pris. Ma démarche a été d’utiliser le papier comme une matière première. J’ai commencé à le travailler de la même façon qu’on travaille un tube de peinture. Il y a un jeu actif qui se produit entre la forme du papier, la couleur du papier, le voisinage du papier, le touché, les lettres, les visages, etc… et l’idée qui me vient. C’est une création par jeux, par dialogues. Jusqu’au moment où je me dis que d’autres auront du plaisir à regarder le tableau. Que ce sera pour eux une rêverie heureuse…
Bucarest vous a-t-elle inspiré ? J’ai passé beaucoup de temps à marcher, à ressentir la ville. Je suis arrivé en nombre 2005. Au début je ne trouvais pas ce que je voulais, ce fut une période difficile mais qui m’a permis d’être aussi plus réceptif. L’un de mes premiers tableaux a été “Les amoureux”, qui fait partie de douze “impressions” sur Bucarest. J’ai été d’abord frappé par ces couples enlacés, assis sur un banc en plein hiver. Je les ai ensuite retrouvés au printemps, à Cismigiu ou ailleurs. Ils ont inspiré mes premiers travaux.
Diriez-vous qu'ici votre période artistique est particulièrement florissante ? Oui, absolument. D’abord parce que j’ai un atelier, beaucoup d’artistes n’ont pas cette chance. Et puis ici j’ai plus de temps qu’à Paris. Par ailleurs, pour moi faire un tableau c’est aussi militer. Quand j’en vends un, 50% part à l’association de solidarité africaine qui s’appelle “Echoppe” et qui est basée à Lomé, au Togo. Je me dis qu’on pourrait trouver d’autres artistes qui, à chaque fois qu’ils vendent un tableau enverraient une partie de l’argent à ceux qui en ont le plus besoin.
Quel est votre regard sur Bucarest ? D’une part, cette ville s’est complètement transformée, tant de choses ont été rénovées. D’autre part, elle n’a pas changé. Il y a dans les vieux quartiers une magie fantastique, c’est un véritable bonheur que de voir des milliers de maisons uniques en leur genre, dessinées par d’authentiques architectes. Cela éduque beaucoup le regard. Le côté négatif est qu’on voit pousser un peu partout des tours de verre qui sont la contradiction même de ce que peut être Bucarest, si on les met n’importe où... Propos recueillis par Laurent Couderc (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 16 mai 2007
André Ernst expose du 14 au 27 mai à la Galeria Galateca (2/4 strada C.A. Rosetti). Titre de l'exposition : "Impressions" roumaines. Voir aussi le blog d’André Ernst : http://d-collages-roumains.blogspot.com/
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