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Avortement, droits des homosexuels, scientologie, euthanasie, ces sujets controversés ont réveillé les jeunes passions mardi au lycée français de Berlin. Pour le concours de rhétorique des établissements français en zone germanophone, les élèves n’ont pas craint les tabous Kim Andrey de Hambourg fait réagir la salle : "l'uniforme à l'école n'est-il pas préférable à la dictature des marques?". (Photo. LPJ Berlin)
"Ils sont impressionnants". Les membres du jury du concours de rhétorique organisé au lycée français de Berlin n’ont pas caché leur admiration pour les jeunes participants. Ces derniers, âgés de 8 à 17 ans, sont venus de Suisse, d’Autriche et d’Allemagne. La plupart sont français, certains allemands. Ils se sont succédés mardi toute la journée à la tribune, devant un public composé majoritairement d’élèves et de professeurs pour défendre une thèse, une idée ou un idéal. L’objectif : en 10 minutes, être le plus persuasif possible, choisir les arguments qui marquent, en s’exprimant avec toutes les ressources de la voix et du corps, du tragique et du comique. Ce qui étonne d’abord, c’est la variété des sujets choisis. Les élèves se révèlent très attentifs à leur environnement, à de grands thèmes de société, parfois controversés. Deux lycéens s’expriment avec fougue pour défendre le mariage ou l’adoption d’enfants pour les homosexuels. Un autre s’insurge contre l’unilatéralisme des Etats-Unis tandis qu’une troisième appelle à réfléchir sur les avantages du port de l’uniforme à l’école. Certains orateurs se placent sur un autre plan, moins sociétal, comme cette lycéenne de Zürich qui appelle son public au rêve, en citant à l’appui Dali et les surréalistes, Nerval ou Mallarmé. Sélections et préparation Les 22 lycéens en lice pour la finale ont été triés sur le volet, grâce à une sélection dans chaque établissement participant. M. Crouzet, professeur de français et de philosophie au lycée français de Hambourg, est très confiant dans le succès de ses jeunes protégées : "Elles sont meilleures que tous ceux que j’ai entendus jusqu’à présent", confie-t-il à la pause, non sans fierté, et très impliqué dans la préparation de l'épreuve. "Nous avons étudié les discours de grands hommes politiques, et nous avons beaucoup travaillé sur les exercices théâtraux : le positionnement du corps, la voix, la respiration", explique-t-il. En effet, les jeunes rhéteurs ont pris de bonnes habitudes. Chacun observe un long silence avant de commencer à parler, pour bien fixer l’attention. Le débit est en général excellent, les effets de rhétoriques surprenants de maîtrise. Les élèves les plus téméraires n’ont même plus besoin de notes, ils regardent le public droit dans les yeux. Andréa Palasciano, 17 ans, a condamné avec vigueur la scientologie dans son discours, elle se réjouit d’avoir participé à ce concours : "C’est un thème qui me touche, j’ai fait des recherches, j’ai beaucoup appris. C’est une chance de pouvoir dire ce qu’on pense, c’est bien plus motivant que les exercices traditionnels". Cécile Boutelet (www.lepetitjournal.com - Berlin) vendredi 11 mai 2007 Les gagnants de l'édition 2007 du concours de rhétorique des lycées français de Suisse, d’Autriche et d’Allemagne: 1. Rosana FOL, lycée de Vienne, sur le mariage des homosexuels, 2. Samantha TADY, lycée de Vienne, sur la pédophilie 3. Pierre Perot, lycée de Münich, sur le développement des biocarburants |