| Ecrit par BUDAPEST,
le 11-05-2007 01:00
|
|
Tous les grands quotidiens hongrois ont salué la victoire de Nicolas Sarkozy par une double page avec en prime le visage du nouveau président français à la une. La fierté de voir un fils d’immigré hongrois à la tête d’une des plus grande puissance mondiale est de mise dans la plupart des quotidiens, même si certains s’interrogent sur les futures relations entre les deux pays.
N. Sarkozy sous les couleurs hongroises (Photo LPJ Eugénie Baccot) "Paris peut enfin commencer à avancer" indique le Népszabadság. Le journal de centre gauche explique que les réformes promises par Nicolas Sarkozy ne pourront être que bénéfiques à un pays qui était jusqu'à présent dans une sorte d'immobilisme économique. Pour les trois grands quotidiens nationaux, les Français ont exprimé leur envie de prendre une nouvelle direction néo-conservatrice, imitant par la même occasion leurs voisins italiens lors de l'élection de Silvio Berlusconi ou encore anglo-saxons avec l'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher. Ainsi, toujours selon la presse hongroise, tous les pays européens ont déjà amorcé leur virage à droite, avec une politique dynamique et libérale, seule à même de relancer l'économie française. L'Europe, justement, reste le principal point d'interrogation des médias magyars qui soulignent que Bruxelles se méfie de l'obstination du nouveau président, "Si quelqu'un veut être Napoléon ou Louis XIV, ça n'apportera rien de bon à l'Union européenne" soulignait l'eurodéputé Jo Leinen dans les colonnes du Népszabadság.
Une certaine fierté Le quotidien libéral Magyar Hirlap, se demande quant à lui, si Nicolas Sarkozy "est bien pour nous", avant de regretter que celui qu'il considère comme le "grand fils de la nation" ne s'intéresse pas à la Hongrie puisqu'il est "Français avant tout". Le Magyar Hirlap estime tout de même que le pays peut-être fier d'avoir engendré un homme politique tel que Nicolas Sarkozy, en rappelant le manque de sérieux de la classe politique hongroise, qui avait mis le feu aux poudre en septembre 2006. Malgré un portrait plutôt optimiste de Nicolas Sarkozy, les médias hongrois n'ont pas oublié de traiter l'aspect bilatéral de cette élection en expliquant que "la moitié des Français fait la fête et l'autre moitié se révolte". Les voitures brûlées, les échauffourées et les manifestations place de la Concorde ont suscité l'intérêt de la presse hongroise. La gauche française, elle, apparaît "sous les décombres" et loin de pouvoir faire le poids dans la balance politique. Nicolas Sarkozy, issu d'une nouvelle génération de politiciens, représente à la fois le danger et la chance d'une nouvelle Europe et c'est ce paradoxe, bien plus que son arbre généalogique, qui a semble-t-il, séduit les médias hongrois. Peter MAGYAR, Michael COUVRET. (www.lepetitjournal.com - Budapest) vendredi 11 mai 2007
|