|
TROIS QUESTIONS À... Cornel Codita, analyste politique |
|
|
|
jeudi 10 mai 2007 |
Lepetitjournal s'est entretenu avec Cornel Codita, expert en relations internationales, sur les relations entre la France et la Roumanie au moment où l'Elysée accueille un nouveau président...
Le président Traian Basescu a déclaré que la victoire de Nicolas Sarkozy allait "dynamiser" les relations entre la France et la Roumanie. Qu'en pensez-vous ?
Les relations bilatérales devraient en effet connaître un nouveau dynamisme, et il y a plusieurs raisons à cela: La France aura de nouveau un rôle actif dans la construction de grands projets européens, et l'appui d'Etats comme la Roumanie, parmi d'autres, sera important. La tension temporaire qu'il y a eu entre les deux pays (au moment de la guerre en Irak, ndlr) est tout à fait contraire aux interêts communs. Et avec une politique étrangère roumaine mieux définie entre objectifs atlantistes et européens, la France et la Roumanie partageront des opportunités nouvelles qui renforceront leur coopération mutuelle.
La venue de Roumains en France à la recherche d'une vie meilleure a parfois posé quelques soucis à Nicolas Sarkozy, ancien ministre de l'Intérieur. Depuis l'entrée de la Roumanie dans l'UE, tout cela fait partie du passé ? Avec la Roumanie membre à part entière de l'Union européenne, les Roumains ne peuvent plus être considérés comme des immigrés en France. Certes nous aurons probablement encore des problèmes de mobilité à régler et de respect de la loi pour certains de nos compatriotes. Mais pour le reste, la libre circulation s'applique comme règle de base dans l'espace européen. Nicolas Sarkozy veut une Europe politique forte et freiner l'entrée de nouveaux pays au sein de l'UE. Craignez-vous qu'il mette en place une Europe à deux vitesses, avec la Roumanie comme pays de deuxième catégorie ?
L'Union européenne est devenue de facto un espace à plusieurs vitesses, tant du point de vue de sa capacité d'intégration que de sa capacité à utiliser les outils institutionnels. La France, tout comme d'autres grands pays européens, n'a pas le pouvoir d'améliorer très rapidement la situation d'ensemble d'un pays dans le cadre de l'UE, surtout un pays d'une certaine complexité comme la Roumanie.
Propos recueillis par Florent Calas (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 10 mai 2007 |