|
Ce qui s’est passé mardi en Irlande du Nord est historique. Républicains et unionistes formant ensemble un gouvernement d’union paraissait inconcevable il y a encore quelques mois. La mobilisation de la diplomatie internationale ne doit pas faire oublier les 3.722 morts dont celles d’enfants liées à ce conflit Il n’est pas une famille en Irlande du Nord qui n’ait été touchée depuis 1966 par cette guerre qui semblait sans fin entre républicains et unionistes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 2.154 tués par les républicains et l’IRA - 1.112 tués par les loyalistes - 367 tués par les forces de l’ordre - 87 tués dans d’autres affrontements
Sans compter les blessés, les traumatisés, les orphelins de père. Une jeune femme se souvient avoir perdu son père la veille de ses 7 ans. Elle n’est pas seule. Aujourd’hui, elle est heureuse pour ses enfants qui n’auront pas à connaître ces drames et vivre dans la crainte des bombes. l'histoire s'écrit sur les murs (photos LPJ) Une paix qui semblait ne jamais vouloir arriver Certes, Ian Paisley et Martin McGuinness ne se seront pas serré la main mais de voir les frères ennemis assis ensemble semblait irréel pour une grande partie de la population. Fallait-il attendre trente ans pour, finalement, se retrouver autour d’une table, d’une assemblée ? Fallait-il tant de violence et de haine ? La population est amère mais essaie d’y croire, veut y croire, pour la génération future. Et maintenant ? Il semble que dès l’annonce le 26 mars de la coalition, la vie ait changé en Irlande du Nord. Les gens sortent, se parlent, veulent participer ensemble à cette nouvelle Irlande. Ils consomment, investissent. Bien sûr, il y a aura des questions difficiles et l’histoire ne s’écrira pas si vite. Ce qui s’est passé mardi n’est qu’un premier épisode auquel chacun veut croire. Céline Leoni (www.lepetitjournal.com – Dublin) vendredi 11 mai 2007 Voir aussi Rubrique A La Une dans lepetitjournal.com de mercredi 9 mai
|