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Grand succès en France au début de l'année, La Môme d'Olivier Dahan sort aujourd'hui en Argentine sous le titre La Vie en rose. Des bouges de Belleville aux scènes les plus prestigieuses, l'histoire d'Édith Piaf est celle d'un mythe détruit par le succès et la drogue Pas si facile de s’attaquer aux icônes. La vogue des biographies donne souvent des résultats mitigés. En s’attachant à Edith Piaf, c’est au cœur et à une certaine âme française que s’adresse Olivier Dahan. Evidemment, le temps passe et la petite dame en noir peut sembler lointaine. Elle demeure pourtant, avec le mélange de puissance et de fragilité qui fait les légendes, d’une étonnante proximité. Du caniveau des faubourgs aux plus grandes salles internationales, voila une histoire de Cendrillon camée et alcoolique au talent transcendant et aux douleurs insondables, une histoire d’amour foudroyée et mortelle... un mythe.
Son manège à elle Reste à réussir l’incarnation. A ce titre, Marion Cotillard se voit offrir un rôle immense et l’occasion d’une performance d’anthologie. C’est peu dire qu’elle semble habitée par le personnage. On frôle la possession. Sa prestation est si frappante que sa frêle personne apparaît comme la clé de voûte sur laquelle reposerait tout l’édifice. C’est vrai et un peu injuste. Elle est en réalité portée par l’utilisation d’images inscrites dans la mémoire collective. Jeune, vieille, malade ou sur scène, les archives sur Piaf ont été vues et revues. Il ne s’agit plus alors d’inventer une iconographique mais de la recycler, de la réinvestir par le détail, ce qui est fort habilement fait. Par ailleurs, le choix d’un scénario qui s’étale dans le temps mais limite sa description de l’entourage, pourtant fameux, à quelques figures, s’avère payant. En évitant la bio exhaustive, Olivier Dahan laisse place à l’émotion, au risque d’une certaine insistance. Le film fait riche, mais à quoi bon pinailler. Mieux vaut se laisser emporter par la foule et griser par l’accordéoniste et le tourbillon de la fresque. En tout cas, le public s'y est laissé prendre: La Môme a attiré plus de 5 millions de spectateurs en France. Le voici en Argentine, sous le titre La Vie en rose. Une traduction qui en dit long sur l'importance du mythe dans cet hémisphère. Jean-Marc Jacob avec L.R. (www.lepetitjournal.com) jeudi 10 mai 2007 |