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La semaine sociale s’annonçait chargée, elle l’a bel et bien été. Après les postiers et les cheminots, les fonctionnaires et le corps enseignant ont clos le bal hier
La revalorisation des salaires était au centre des préoccupations. (Photo : AFP)
Grèves et manifestations de divers corps professionnels avaient été programmés par les syndicats (lire l’article LPJ de mardi). Les fonctionnaires et enseignants ont achevé hier cette semaine de mobilisation générale. D’après les syndicats, ils étaient presque 330.000 à s’être mobilisés pour défiler, répartis en quelque 70 cortèges, à Paris et à travers tout le pays (notamment à Marseille, Bordeaux, Toulouse ou Lyon). La police ne comptabilise elle que 210.000 manifestants.
Principales raisons de mécontentement : l’absence de revalorisation des salaires, qui menacerait leur pouvoir d’achat et la qualité de leurs services, ainsi que les suppressions de postes prévues par le dernier plan du ministre de l’Education, François Fillon.
De manière moins médiatisée, les personnels hospitaliers ont eux aussi manifesté hier à Paris et les aiguilleurs du ciel étaient en grève, provoquant notamment la fermeture de l’aéroport de Bordeaux.
40% d’enseignants en grève
Avant les enseignants et fonctionnaires, la semaine avait déjà commencé chaudement avec la mobilisation des postiers et des cheminots. A la Poste, mardi, ils étaient seulement 15% à faire grève, mais la mobilisation a été forte mercredi à la SNCF, avec plus de 36% de grévistes.
En moyenne 40% des personnels de l’Education nationale avaient suivi la grève hier (près de 50% au niveau des collèges), faisant des enseignants les professionnels les plus mobilisés de la semaine. Un chiffre comparable à celui des très fortes mobilisations du printemps 2003 et dans lequel les syndicats veulent voir une victoire certaine sur le gouvernement. Pour le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, en tête du cortège à Paris : « On a franchi un cap dans la mobilisation des salariés ». Dans le reste de la fonction publique d’Etat, le taux de grévistes avoisinait les 26%.
Pour l’instant, du côté du gouvernement, pas beaucoup d’écho. Renaud Dutreil, le ministre de la Fonction publique, s’est pourtant abstenu d’évoquer toute rallonge financière. Il souhaite régler les problèmes « par le dialogue » et envisage que soit organisé (rappelant, ni plus ni moins, Mai 68) un « Grenelle de la fonction publique ».
En attendant encore la manifestation des médecins samedi dans la capitale.
Camille Vayssettes. (LPJ) 21 janvier 2005
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