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Comme au lendemain du premier tour, la presse italienne témoigne d’un intérêt très marqué pour l’élection présidentielle française. Les quotidiens consacrent cinq à dix pages à la victoire de Nicolas Sarkozy et proposent des analyses poussées des résultats (En première page de l’Unità, un dessin de Staino : "Femme et de gauche… c’est trop même pour la France")
Selon leur sensibilité, les journaux dressent des portraits plus ou moins flatteurs de Nicolas Sarkozy, l’homme de la "rupture" (Le Corriere della Sera) ou celui d’une "France plus conservatrice et nationaliste" (L’Unità). Le Corriere le compare à Napoléon qui a battu Jeanne d’Arc. "Comme Napoléon, Nicolas Sarkozy est attendu et craint", écrit le journal de centre droit. Pour Il Giornale, Sarko est "le président qui veut la révolution française". La Stampa le voit comme un "Rastignac", "le nouveau roi arriviste et ascétique", qui "vit la politique comme un Jihad". La plupart des quotidiens accordent une place importante aux affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, sans vraiment interpréter ces incidents.
Le mystère Cécilia Le résultat de Ségo n’apparaît généralement pas comme une défaite, elle est souriante et elle regarde l’avenir (Unità et Repubblica). Mais tous mettent en évidence les difficultés que le PS va rencontrer, entre règlements de compte et conflits de personnes. "Aux législativea, les socialistes risquent la débâcle" pour Il Giornale. La Repubblica, qui publie tout le discours de Nicolas Sarkozy, consacre un article sur les critiques qui viennent même de la "famille" de la candidate. Toujours dans le registre famille, c’est surtout le "mystère Cécilia" qui intrigue les Italiens, auquel La Repubblica consacre tout un papier.
Berlusconi exulte D’après le Corriere et Il Giornale, Silvio Berlusconi, qui "exulte", aurait reçu un appel de Nicolas Sarkozy dimanche soir. Romano Prodi a quant à lui félicité son "ami". La classe politique italienne tire des leçons très différentes du scrutin. Pour la droite, c’est la preuve d’un besoin de changement. Pour le centre gauche, c’est la preuve de la nécessité de l’union. Reste à savoir si la "révolution" aura vraiment lieu. "Mais être président de la France pourrait se révéler encore plus difficile que de gagner l’élection", écrit Aldo Cazzullo du Corriere. Pas de doute, l’Italie va continuer à observer à la loupe ses cousins transalpins. Corentine GASQUET. (www.lepetitjournal.com Milan) mardi 8 mai 2007
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