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A contre courant de la France métropolitaine, les Français de Berlin ont voté Ségolène Royal à près de 72%, laissant Nicolas Sarkozy à moins de 30% des suffrages exprimés. La participation a été élevée, l’émotion forte suite au résultat à gauche comme à droite 
Au PS, on se console de la défaite. Sourires et vin rouge, Ségolène est en tête... à Berlin (Photo. C. B.)
Ils sont plus de 51% à s'être déplacés hier aux urnes. Beaucoup de Français de Berlin s'étaient levés tôt dimanche matin, effarouchés par l’expérience du premier tour, durant lequel ils avaient dû attendre parfois plus d’une heure avant d’accomplir leur devoir citoyen. Berlin a sans surprise donné majoritairement sa voix à Ségolène Royal, qui arrive largement en tête dans la capitale avec près de 72% des voix contre un peu plus de 28% pour Nicolas Sarkozy. Les militants PS n’avaient pourtant pas le cœur à la fête hier soir à l’ambassade. "J’ai vu pas mal de gens pleurer", confie Mathieu. Autour d’un verre de vin rouge, ces derniers se réjouissent cependant d’avoir pu rencontrer de nombreux partisans de Ségolène Royal parmi la foule venue regarder les résultats dans l’auditorium Wilhelm Straße. "Je suis très satisfait du résultat à Berlin. Je pense que ce vote nous a permis de nous rendre compte de tout le potentiel de la ville pour la gauche à l’étranger". Sur le résultat, il constate "le grand chantier porteur d’avenir qu’a ouvert cette élection", estimant que le PS doit évoluer vers un grand parti de masse sur le modèle des partis de gauche du nord de l’Europe. "Avec Ségolène Royal ?", lui demande-t-on. "Bien sûr ! Ségolène Royal a dit qu’elle continuait, elle a recueilli la légitimité populaire, maintenant il faut voir comment va évoluer le rapport de force à l’intérieur du PS". L’UMP célèbre la victoire Du côté de l’UMP, on s’épanche peu sur le résultat des urnes à Berlin. On savoure la victoire "nette" du candidat Sarkozy sur le territoire national. "Je suis heureux, et plein d’espoir", confie Ronan, "Le discours de Nicolas Sarkozy suite au résultat était un discours de chef d’Etat et non de chef de parti, il s’est exprimé sur la politique internationale, sur l’Europe, il a pris la mesure de la légitimité que lui ont donnée les urnes". Paul Clave, président de l’Union des Français à l’étranger, estime quant à lui que "la campagne a créé une impulsion dans les consciences". "On ne peut plus parler d’une France morose, d’une France léthargique, d’une France qui ne serait pas à la hauteur. La stratégie anti-Sarkozy n’a pas fonctionné, c’est un signe que la victoire du candidat UMP ne souffre d’aucune contestation". Il concède cependant : "cette victoire laisse présager de nombreux mouvements sociaux. L’automne sera peut-être difficile". Cécile Boutelet. (www.lepetitjournal.com - Berlin) lundi 7 mai 2007 Retrouvez notre dossier spécial Présidentielle |