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Saisie la semaine dernière, la Haute Cour va devoir donner ou non l’autorisation à une jeune femme de 17 ans, enceinte de quatre mois d’un enfant reconnu non viable, d’aller avorter en Grande Bretagne. Un cas complexe qui relance un sujet sensible en Irlande. une décision importante pour la Cour (photo LPJ)
La loi irlandaise n’autorise pas l’avortement, sauf si la vie, et non la santé de la mère est en danger, incluant la menace de suicide. Par contre, rien n’interdit une femme d’aller interrompre une grossesse dans un autre pays. Une situation familiale difficile – Le cas de Miss D est complexe. Mineure, elle est sous la tutelle des services sociaux depuis janvier faute de père et pour cause des violences physiques qu’elle a reçues de sa mère alcoolique. Suite à la découverte de la malformation cérébrale irréversible et mortelle de son enfant (anencéphalie*), elle souhaite mettre fin à sa grossesse. La seule solution est d’aller avorter en Angleterre. Mais les services sociaux préfèrent la faire suivre dans un service psychiatrique et lui refusaient jusqu'à vendredi soir le droit de quitter le territoire. C’est sur ce point qu’a été saisie la justice. Où commencent les droits ? – Tout le propos de Miss D est de faire respecter ses droits constitutionnels, et de ne pas laisser les services sociaux intervenir sur sa vie privée, son intégrité physique, son autonomie et ses déplacements. Ayant fait mention qu’elle ne survivrait pas à une grossesse menée à terme, le débat se tourne maintenant sur la probabilité qu’elle se suicide. Façon de parler, Miss D nie toute volonté suicidaire. Un cas social tragique qui agite les foules – En cette période préélectorale, les politiques se gardent bien de prendre parti et l’avortement ne sera pas un thème de campagne. Par contre, les groupes pro ou anti-avortement se font entendre. Les pro souhaitent que les droits de l’homme soient respectés, et un collectif de médecins demandent à ce que l’intervention puisse avoir lieu sur le sol irlandais. Quant aux antis, ils ont applaudi la nomination d’un avocat pour représenter les droits du fœtus de Miss D. La Justice devra trancher rapidement. Céline Leoni (www.lepetitjournal.com – Dublin) mardi 8 mai 2007 * anencéphalie : absence totale de cerveau et de boîte crânienne |