L’exposition Timer présente à la Bovisa des œuvres variées : collages, installations, vidéos, peintures, sculptures… toutes réalisées après le 11 septembre. Le premier volet de ce projet ambitieux se consacre à l’intimité et prend une dimension quasi-spirituelle
Photo Triennale Bovisa - Berlinde de Bruyckere, Aanéén, 2003-2004 En annonçant un programme en trois volets et 250 artistes exposés, Timer a l’ambition de devenir une référence européenne de l’après 11 septembre. Cette exposition, qui se tient à la nouvelle Triennale de Bovisa jusqu’au 10 juin, débute par le rapport de l’individu à soi. Elle se poursuivra par son rapport aux autres en 2008 et son rapport à l’environnement en 2009. D’après les commissaires de l’exposition, le 11 septembre a entraîné un mouvement d’autodéfense conservatrice. La révolution numérique, la globalisation, la bioéthique ont aussi contribué à transformer les rapports sociaux. Il n’est ainsi plus question de détruire ou de chercher plus de liberté, mais de retrouver du sens. L’exposition met donc en évidence le rapport à une intimité presque spirituelle, avec par exemple ce corps de femme qui semble morte ou encore un sac de couchage vide qui semble habité...
Un miroir et des yeux pour se perdre Elle s’ouvre avec trois grandes toiles fascinantes de Jenny Saville et se poursuit avec des œuvres très variées : collages, installations, vidéos (notamment dans des containers à l’extérieur), sculptures, photos, peintures... réalisées par des artistes aux nombreuses origines (mais souvent résidents aux Etats-Unis) et jeunes pour la plupart, dont Damien Hirst, Anish Kapoor, Marc Quinn ou encore Louise Bourgeois. Ils abordent les thèmes de la réalité et de l’illusion, du bien et du mal, des déchets, de l’anti-héros, de la nature, de la guerre, de la peur… Vertigo, un miroir du plasticien britannique d’origine indienne Anish Kapoor, modifie la perception de l’espace et de soi. D’un côté, il déforme la voix et accentue le mouvement lorsqu’on le longe. En s’éloignant, il inverse l’image. De l’autre côté, il donne une sensation d’infini. Une installation de Tony Oursler nous place face à des yeux projetés sur des sculptures ovales blanches, de tailles et couleurs différentes, qui bougent sans coordination et battent les paupières, figurant la difficulté à communiquer. Corentine GASQUET. (www.lepetitjournal.com - Milan) mercredi 9 mai 2007
Timer Jusqu’au 10 juin Nouvelle Triennale, via Lambruschini 31, Milano De 11h à minuit, fermé le lundi Plein tarif : 8 euros Tél. 02 72 43 41 http://www.triennalebovisa.it/ |