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REPORTAGE - Touche pas à mon arbre ! |
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jeudi 03 mai 2007 |
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Un eucalyptus provoque depuis trois mois des embouteillages monstres sur la route Le Caire-Ismaïlia. Des inscriptions religieuses sur l'arbre en ont fait un objet de culte, rassemblant pélerins et marchands au grand dam des autorités. Reportage...
Un eucalyptus provoque depuis trois mois des embouteillages monstres sur la route Le Caire-Ismaïl. Des inscriptions religieuses sur l'arbre en ont fait un objet de culte, rassemblant pélerins et marchands au grand dam des autorités. Reportage... Depuis trois mois, la route désertique le Caire- Ismaïl à 12 Km d'Héliopolis connaît une drôle d’agitation. Les automobilistes qui empruntent fréquemment cette route, relativement calme, pour aller sur leurs lieux de travail dans les zones industrielles des nouvelles villes de Obour ou Dix Ramadan, ont été surpris par une foule énorme s’agglutinant presque quotidiennement autour d’un vieil eucalyptus au bord de la route à coté du mur d'enceinte d'un site militaire.
Un ouvrier venant se reposer à l’ombre de cet arbre est tombé un jour sur des inscriptions religieuses inscrites sur le tronc : '' Allah, Mohamed, Taha''. La nouvelle fait vite le tour des lieux, se propage et devient un signe de Dieu. La route s’encombre, le trafic devient dense et un jour après l'autre la foule se précipite des différents coins du Caire et même des villages les plus proches, pour jeter un œil sur le phénomène qui se charge de passion religieuse. C’est comme si cet arbre et son inscription émanant d’une force supérieure et magique était venu aider à surmonter un présent difficile et un futur dont on n'attend pas grand-chose.
Un lieu de culte et un petit marché Dans la mythologie de l’Egypte ancienne, les dieux s’asseyaient sur un arbre de sycomore, Ficus sycomorus, dont il était estimé que les fruits nourrissaient les bénis. C'est peut être une raison de plus pour que quelques centaines de citoyens arrivent du matin jusqu'au soir pour observer ce qu’ils ont classé comme un phénomène divin. Ils méditent, et prient. D'autres en profitent pour faire du petit business à l’occasion de cette "baraka" en vendant des biscuits et des boissons fraîches à la foule, un photographe vend même des photos des écritures gravées sur l’arbre. Et voilà que progressivement, s’improvisent au pied de l’eucalyptus un lieu de culte et un petit marché.
Via internet Les photos circulent très vite via l’internet, et les medias se sont penchés sur l'événement en précisant que les experts ont conclu qu'un inconnu a choisi cet arbre évidemment pour son âge, ses dimensions et certainement les qualités de son tronc pour y sculpter avec une lame épaisse les noms d'Allah et du prophète.
Que fait la police ? Les autorités ont vite fait de réagir en implantant deux gendarmes à coté, la police a dû intervenir pour organiser la circulation et interdire aux voitures de se garer. Cependant des semaines s’écoulent sans enregistrer aucune diminution du nombre des visiteurs. Au contraire, l’arbre est devenu pour certains un lieu de pèlerinage, notamment le vendredi après midi après la prière à la mosquée. Du coup les choses sont devenues de plus en plus difficiles à contrôler pour la police. Ce qui a poussé les responsables du commissariat de ''Nozha et El Salam'' à réclamer d’enlever l’arbre devenu symbole de Baraka de là et ont exprimé leur crainte de voir l’endroit se transformer en lieu de culte. Quant au parquet d’Al Nozha il a sollicité la formation d'un comité de scientifique pour étudier le phénomène de l'arbre. Ce fut fait et le dit comité conclut que l’arbre n’a rien de saint et que les inscriptions ont été exécutées à l’aide d’une lame depuis environ six mois. La nature du tronc de cet eucalyptus a fait que ces graffitis ont pris une couleur naturelle après un certain temps.
Pas saint ? Pas convaincus ! Seulement voilà, scientifiques ou pas les Egyptiens ne sont pas convaincus et ont exprimé une fois de plus leur méfiance envers les autorités et les medias. La foule persiste à visiter l'arbre pour prier à son ombre, l'embrasser faire des voeux et prendre des photos, même après que les autorités aient enlevé les inscriptions. Ils y croient dur comme fer à leur arbre et déçus ils sont convaincus que "Dieu les punira d’avoir fait disparaître les écritures''. Les inconditionnels ont gravé eux-mêmes avec leurs couteaux sur les arbres du coin la même inscription ; "Allah, Mohamed, Taha". Lama Ahmed. (www.lepetitjournal.com) 3 mai 2007
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