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Originaire de Pampelune, Souvenir, alias Patricia de la Fuente et Jaime Cristóbal chante en français. Plébiscité par la presse spécialisée, leur dernier album, 64, plonge dans un univers electro pop très années 80. Samedi dernier ils ont enflammé la Sala Galileo-Neu Club de Madrid. Rencontre à une heure du concert Patricia et Jaime, les deux têtes du groupe Souvenir
Lepetitjournal.com : Comment se répartissent les rôles ? Qui écrit les textes ? Jaime : Je compose la musique. En fait la mélodie c’est la première chose qui vient. Ensuite pour les paroles, c’est curieux, ça dépend des chansons. Les thèmes viennent un peu au hasard. C’est Patricia ensuite qui trouve les idées et écrit le texte. En fait elle s’occupe de la direction artistique en quelque sorte.
LPJ : Pourquoi "64" ? Il y a un lien avec les Landes ? J : Oui tout à fait ! C’est une référence à la France, clairement. "64" comme le département. P : Nos vies sont attachées à la région depuis toujours. Quand j’étais petite j’allais en vacances dans les Landes l’été. On a toujours été entre la France et l’Espagne.
LPJ : Vos précédents albums balayent tous les styles musicaux. L’influence electro est-elle l’expérience d’un seul album ou une nouvelle orientation pour le groupe ? P : Tout ça est parti d’une idée indépendante au début. Nous voulions monter un groupe parallèle à Souvenir, avec une tendance plus electro. Finalement, on l’a fait sous notre nom. C’est une nouvelle orientation. On a découvert qu’on se sentait bien dans ce style musical. J : On voulait faire quelque chose de différent, au même titre que pour nos autres disques. Car on aime des styles très différents, pourvu que la qualité soit là. Le rock, les années 70, 80, la country…
LPJ : C’est la première fois que vous présentez 64 sur scène. Comment souhaitez-vous le jouer en direct ? Libre ou très fidèle à l’album ? P : Je crois que c’est un album qui prend toute sa dimension en direct. Il est dansant. Si je vois les gens s’amuser ce soir, danser, alors le pari sera gagné. Pour le direct les morceaux ont été rallongés ; les gens qui ont aimé vont trouver un plus dans le concert. J : Oui, il y aura quelque chose de plus puissant.
LPJ : Qui est votre public en Espagne ? P : C’est toujours un peu compliqué de le savoir. Mais aujourd’hui avec Internet, on peut connaître un peu plus notre public. A priori ce sont des gens qui aiment la musique, des aficionados. Pour les albums précédents, c’était des gens plus âgés, des nostalgiques de l’époque Françoise Hardy.
LPJ : Pourquoi chanter en français ? J : tout simplement parce qu’on aime cette langue, on aime le pays et on se reconnaît dans son paysage culturel, dans les artistes français. On a été à l’école française aussi, ça aide.
LPJ : Jaime disait dans une interview que la comparaison entre les panoramas musicaux français et espagnol durant les 50 dernières années était déprimante. Aujourd’hui y a-t-il une scène émergente en Espagne qui peut changer cela ? P : Peut-être que ça commence mais ce sera toujours déséquilibré…Il y a des choses qui se font mais ça n’intéresse pas un large public. Ici tout marche par piston et la sphère musicale ne dispose pas d’argent public. J : Oui, c’est une question de société. En France, les classes moyennes ont accès à la culture, l’Etat subventionne des projets de qualité. Ici, la culture n’a pas d’argent.
LPJ : Quelles sont vos influences dans la musique française ? P et J : Il y en a beaucoup ! Emilie Simon, Helena Noguerra, Lio, beaucoup de filles en fait ! Mylène Farmer à ses débuts. Vincent Delerm mais pas tout. P : Benjamin Biolay aussi, avec qui j’aimerais vraiment collaborer.
LPJ : Le public français vous connaît ? P et J : Et non malheureusement pas encore. Mais nous aimerions vraiment nous faire connaître et jouer là-bas !
Propos recueillis par Laurence Danthony (www.lepetitjournal.com) vendredi 3 mai 2007
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