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Le chapitre sanglant de la Rote Armee Fraktion, le groupe terroriste qui mit l'Allemagne à feu et à sang dans les années 1970, n'est toujours pas clos : des révélations sur un meurtre commis en 1977 font rebondir le débat, à l'heure où les responsables sortent de prison 
Le logo de la Rote Armee Fraktion Faut-il réouvrir le dossier Siegfried Buback, ce procureur général de la République Fédérale Allemande, assassiné le 7 avril 1977 par un commando de la "Fraction Armée Rouge" (R.A.F)? L'hebdomadaire Der Spiegel a publié il y a deux semaines des révélations d'anciens terroristes accusant Stefan Wisniewski, qui jusqu'à présent n'avait pas été mis en cause dans cette affaire, d'avoir tiré sur l'avocat général, et innocentant partiellement Christian Klar, qui se trouve encore en prison pour d'autres assassinats. Tout en accusant les services secrets et la police judiciaire fédérale d'avoir été au courant de ces déclarations depuis le début des années 1980, mais de les avoir tenues secrètes. Deux décennies de lutte violente contre le "système impérialiste" Pendant plus de 20 ans, de la fin des années 1960 au milieu des années 1990, les terroristes d'extrême gauche de la R.A.F. semèrent la terreur en Allemagne. La première génération, menée par Andreas Baader et Ulrike Meinhof, commença avec des actions violentes contre des cibles américaines, afin de contester la guerre au Viet-Nam. Après l'arrestation de la "bande à Baader" en 1972, la deuxième génération, emmenée par Brigitte Monhaupt et Christian Klar, prit la relève: ces terroristes commirent assassinats et enlèvements pour obtenir la libération de leurs prédécesseurs incarcérés. Ces attaques culminèrent pendant l'"automne Allemand" de 1977, où, en plus de l'avocat général Siegfrid Buback, furent assassinés le chef du patronnat allemand Hans-Martin Schleyer et Jürgen Ponto, le patron de la Dresdner Bank. Un passé toujours vivace Si la Fraction armée rouge a déclaré sa dissolution en 1998, elle occupe le devant de l'actualité depuis plusieurs mois, après la libération de la meneuse de la deuxième génération, Brigitte Mohnhaupt, et la demande de grâce de son acolyte Christian Klar, qui purge jusqu'en 2009 une peine de sureté de 26 ans de prison. Si une majorité des allemands est pour tirer un trait sous cette période sombre de l'histoire d'après guerre, le débat est loin d'être terminé, puisque de nombreux pans de l'épisode R.A.F. sont toujours opaques. C'est que les terroristes arrêtés gardent le plus souvent le silence, protégeant ainsi leurs complices encore en fuite. De plus, aucun des deux intéressés n'a renié ou regretté publiquement les actes de violence commis par la Fraction Armée Rouge. Raphaël COTTIN (www.lepetitjournal.com - Berlin) jeudi 3 mai 2007 Pour en savoir plus, voir l'article RAF de Wikipedia (en allemand) |